Chapitres 58 à 66 : la gloire du peuple de Dieu
L'objet principal de cette troisième série de prophéties est la gloire de la nouvelle Jérusalem, que le chapitre 54 avait déjà dépeinte par anticipation, comme le couronnement de l'uvre rédemptrice accomplie par le serviteur de l'Eternel. Les deux premiers discours de ce cycle ont pour but de produire en Israël l'humiliation sans laquelle il ne saurait jouir du salut. Ils préparent ainsi les tableaux magnifiques des chapitres qui suivront. Le chapitre 58 censure la piété formaliste d'Israël ; au chapitre 59, le prophète, après avoir tracé un tableau effrayant de la corruption du peuple, fait en son nom la confession de ses péchés et promet le salut. Les trois chapitres suivants forment le centre de ce troisième cycle : ils renferment un triple tableau de la gloire de Jérusalem, qui correspond en quelque sorte à la triple prophétie de la ruine de Babylone, dans le premier cycle (chapitres 46 à 48) et à la triple description de l'uvre du serviteur dans le second (chapitres 49, 50, 53).
Après la gloire de Sion, est annoncé le jugement des peuples (63.1-6). Puis, dans une prière ardente, le prophète demande à Dieu d'intervenir pour délivrer Israël de sa misère actuelle (63.7-64.11). Enfin ce groupe et le livre entier se terminent par deux discours (chapitres 65 et 66) où le prophète décrit le salut comme une nouvelle création, et rappelle les conditions morales auxquelles seules l'homme peut y avoir part. Ces deux morceaux sont la réponse à la prière du peuple. : Israël ne sera ni tout entier sauvé, ni tout entier perdu. Ce n'est pas le peuple charnel, c'est un Israël nouveau, un peuple de justes, renfermant dans son sein des fidèles de toute nation, qui sera ainsi sauvé et glorifié. Le prophète termine en annonçant aux méchants l'exclusion du salut.
1 à 14 Le faux et le vrai culte
Dans le dernier discours du cycle précèdent, le prophète était revenu des glorieuses perspectives de l'avenir aux tristes réalités du temps présent, et il avait montré dans l'idolâtrie le grand vice à écarter pour que les promesses pussent s'accomplir à l'égard d'Israël. Le nouveau cycle qui commence avec le chapitre 58, prend son point de départ dans des pensées du même ordre. Les brillants tableaux de l'avenir pourront-ils être réalisés ? Oui, répond Esaïe ; tout peut et doit devenir nouveau, à la condition qu'Israël lui-même soit moralement renouvelé. La nécessité de ce renouvellement est le sujet des deux discours chapitres 58 et 59. Le premier repousse l'accusation d'indifférence et d'injustice, le second celle d'impuissance, que le peuple ose élever contre l'Eternel, en montrant que si celui-ci tarde à sauver, la faute doit en être rejetée tout entière sur les graves infidélités d'Israël.
1 Le discours de l'Eternel est adressé au prophète.