L'image employée ici (comparez verset 6 et 50.9) donne l'idée d'une destruction lente du monde et des méchants. On trouve ailleurs une autre intuition : 2Pierre 3.10, par exemple (les cieux emportés subitement comme par un ouragan). Ces deux intuitions ne se contredisent pas. L'édifice du monde ne s'écroulera tout à coup qu'après avoir été longtemps miné. Les catastrophes les plus subites n'arriveraient pas, si elles n'étaient précédées et préparées par un long travail de dissolution. S'il était viable, le monde ne périrait pas. Le châtiment final qui le fait disparaître n'est donc que justice.
51.9-52.12 La délivrance de Jérusalem.
Dans le discours précédent, le prophète a consolé Sion par la perspective du jugement final du monde ; il va la consoler maintenant par la perspective d'une délivrance plus prochaine, le retour de la captivité. Les trois strophes dont se compose ce morceau, d'une poésie et d'une éloquence admirables, sont nettement indiquées par le refrain : Réveille-toi...
9 à 16 L'Eternel, qui a ramené d'Egypte son peuple, va le faire sortir de sa captivité.
Réveille-toi... ! C'est le cri plein de foi de l'Eglise martyre (Psaumes 44.23), proféré ici par le prophète au nom de son peuple.
Rahab : nom poétique de l'Egypte (voir à 30.7) ; le monstre : sans doute le crocodile, symbole ordinaire de ce pays (comparez 27.1). Les fidèles israélites nourrissent leur foi du souvenir des délivrances passées, et particulièrement de la plus glorieuse de toutes, la sortie d'Egypte.