Après cette digression, Esaïe revient à Tyr. Nébucadnetsar assiégea cette ville pendant treize ans. L'histoire ne dit pas positivement qu'il la prit. Mais cela ressort du passage Ezéchiel 29.17-21 et du témoignage des anciens d'après lequel ce prince soumit toute la Phénicie. Tyr fut dès lors assujétie aux Chaldéens ; c'est de Babylone qu'on lui envoyait ses rois, des princes phéniciens captifs. Il paraît donc que Nébucadnetsar la laissa subsister, ainsi que le fit plus tard Alexandre, qui s'en empara après sept mois de siége. C'est au moyen-âge seulement que Tyr a subi une véritable destruction. Le prophète attribue aux Chaldéens la ruine qu'ils n'ont fait que commencer, et il la décrit comme si elle devait se réaliser d'un seul coup. Dans l'événement qui priva Tyr de son indépendance se concentre à ses yeux la série des catastrophes qui ont consommé sa chute.