2.2-4 La gloire de la maison de l'Eternel aux derniers jours.
Ce court morceau est le texte de tout le discours chapitres 2 à 4. Il se retrouve, àpeu près dans les mêmes termes, dans le livre de Michée (Michée 4.1-5). On s'accorde généralement à reconnaître que ce prophète ne peut l'avoir emprunté à Esaïe, car il est chez lui plus complet et se relie plus étroitement à ce qui précède et à ce qui suit ; chez Esaïe, la fin du tableau est abrégée ; et ce morceau, tout en servant de point de départ au discours, fait l'effet d'un texte tiré d'ailleurs. D'autre part, Esaïe ne peut non plus l'avoir puisé dans Michée, puisque, d'après Jérémie 26.4-8, ce dernier prononça cette prophétie sous Ezéchias, par conséquent beaucoup plus tard. Il faut donc admettre que tous deux l'ont empruntée à un prophète plus ancien, Joël peut-être, comme on l'a conjecturé (comparez verset 4 et Joël 3.10). L'expression : La bouche de l'Eternel a parlé (Michée 4.4), semble indiquer, en effet, que c'est ici une citation d'un texte antique (comparez Esaïe 1.20 et la formule toute semblable, 16.13, marquant la fin d'une ancienne prophétie). En tout cas, ce devait être ici un texte connu, populaire et faisant autorité.
A la fin des jours. Les derniers jours sont pour les prophètes ceux où toutes les choses promises seront réalisées. Ce terme coïncide pour chacun d'eux avec la fin de la période dans laquelle il vit. Pour Jacob, c'est l'époque de la conquête de Canaan (Genèse 49.4) ; pour Balaam, le temps où Israël aura vaincu ses ennemis, l'époque de David (Nombres 24.14). L'horizon recule ainsi pour les voyants à mesure que les temps avancent et que les diverses phases du développement du règne de Dieu se découvrent successivement à leurs regards. Pour Esaïe et les prophètes de la même période, la fin des temps est l'époque de la venue du Messie sur la terre (comparez Joël 2.28 ; Daniel 2.28,44). Pour les apôtres et pour l'Eglise, les derniers jours désignent la période qui s'étend de la première à la seconde venue du Seigneur (1Jean 2.18 ; 1Pierre 4.7).
La montagne de la maison de l'Eternel. La colline du temple, Morija, est l'un des sommets de la montagne sur laquelle est bâtie la ville de Jérusalem, et qui est habituellement nommée Sion dans l'Ancien Testament. Voir, sur la situation de Sion, 2Samuel 5.7, note.
Sera établie au sommet... Jérusalem est dominée à l'est et au sud par les montagnes voisines, celle des Oliviers, par exemple. Mais elle sera alors élevée au-dessus de toutes les montagnes ; on la verra de toutes parts et elle deviendra le rendez-vous des peuples. Cette élévation, qui ne peut évidemment s'entendre dans le sens matériel, est l'image de la gloire spirituelle de Sion aux derniers jours, alors que le Dieu qu'on y adore sera devenu celui de toute la terre (voir le verset 3 qui explique le verset 2), et que le haut-lieu de l'Eternel sera élevé dans la conscience des peuples au-dessus de tous les hauts-lieux ou l'on adore les faux dieux. Tout le discours chapitres 2 à 4 a pour idée centrale l'anéantissement de toute grandeur terrestre devant le Dieu dont la gloire est le but suprême de l'histoire.