Car la dévastation a cessé... Le seul sens simple et clair qui puisse être attribué à ces mots est celui-ci : Moab demande à Israël de le sauver du dévastateur et de l'accueillir chez lui, parce que ce même dévastateur s'est retiré du pays d'Israël sans faire de mal à Juda ; Juda a été délivré et le trône de son roi a été affermi par la miséricorde (verset 5) de l'Eternel : les Etats plus faibles qui l'entourent regardent donc à lui et recherchent son appui contre l'ennemi. La situation ainsi décrite convient parfaitement au règne d'Ozias, sous lequel eut lieu l'invasion de Phul en Palestine. Voir 2Chroniques 26.5-15 la puissance d'Ozias et le renom considérable qu'il s'était acquis dans toute l'Asie occidentale. Les inscriptions assyriennes confirment pleinement la vérité de ce tableau. Jusqu'à Achaz, Juda ne paya pas de tribut à l'Assyrie, tandis que depuis un siècle tous les autres Etats de l'Asie occidentale étaient ses vassaux. Si, comme le pensent beaucoup de savants, Phul et Tiglath-Piléser sont un seul et même personnage, la situation ne s'accorde que mieux avec la supposition qu'il s'agit ici d'Ozias. En effet, bien qu'il eût favorisé la révolte de certains rois de Syrie, qui donna lieu à la première campagne de Tiglath-Piléser en occident, celui-ci, de son aveu, s'en retourna sans s'en être pris à lui, certainement parce que Juda, à ce moment-là, imposait encore le respect au conquérant assyrien lui-même.