Le prophète passe de l'image à la réalité : ce rejeton est un être personnel.
L'Esprit de l'Eternel : terme général qui embrasse la totalité des dons de l'Esprit divin. Tous ces dons, qui n'apparaissent qu'isolément chez les autres hommes, sont réunis en celui qui est l'oint de Dieu (Jean 3.34). Comparez 42.1 ; 61.1.
La richesse, contenue dans le terme général, est déployée dans les six termes qui suivent, groupés deux par deux. Les deux premiers appartiennent au domaine intellectuel : la sagesse est la connaissance de la vraie nature des choses et de la pensée de Dieu, que l'Esprit saint met seul l'homme en état de pénétrer (1Corinthiens 2.10-11) ; l'intelligence est le sûr discernement du vrai et du faux, du bien et du mal, qui résulte de cette connaissance. Ces deux dons font de lui le parfait révélateur et juge.
Le second groupe appartient à la sphère de l'activité pratique : le conseil consiste à découvrir en chaque cas particulier, soit pour d'autres, soit pour soi-même, le but qui doit être poursuivi et les moyens propres à y conduire ; la force désigne l'énergie, la persévérance et le succès dans l'exécution du plan que l'on poursuit. Comparez 9.5. Ces deux dons font de lui le protecteur et le roi parfait d'Israël.
Le troisième groupe caractérise le Messie sous le rapport religieux : la connaissance de l'Eternel est la connaissance de Dieu qu'il puise dans une relation intime avec lui ; la crainte de l'Eternel est l'obéissance respectueuse à sa volonté. Ce double trait marque la direction constante de ses pensées aussi bien que de son activité ; par cette disposition seulement les dons précédents prennent toute leur valeur.
Le mot esprit étant répété sept fois dans notre verset, on a souvent pensé qu'Esaïe voulait parler de ces sept esprits de Dieu dont il est question ailleurs (Apocalypse 1.4). Mais le prophète ne parle que d'un seul Esprit, qu'il détermine successivement sous six aspects différents.