1.1 à 2.31 Ce discours a été placé en tête du livre d'Esaïe, non qu'il soit la plus ancienne de ses prophéties, mais en raison de son contenu. Il sert d'introduction au livre entier. D'après les versets 6 à 8, le pays est ravagé par une armée étrangère. C'est ce qui n'eut lieu que deux fois pendant la vie d'Esaïe : sous Achaz, lorsque Retsin et Pékach envahirent la Judée (7.1) ; puis sous Ezéchias, lorsque Sanchérib se disposait à attaquer Jérusalem (chapitres 36 et 37). C'est à cette dernière époque qu'appartient notre discours. D'après les versets 11 à 15, le culte est fidèlement célébré en Juda ; ce n'était point le cas sous Achaz. D'après les versets 7 et 8, Jérusalem seule est épargnée au milieu d'un pays dévasté par des étrangers : ces traits conviennent à merveille à l'invasion assyrienne (2Rois 18.13 ; 19.26,29-32).
Ce discours d'ouverture résume les expériences du prophète durant son long ministère. Il dénonce l'impiété et l'immoralité qui se couvrent du manteau du formalisme, et prédit des châtiments nouveaux et toujours plus sévères. Ce réquisitoire se développe en trois strophes :
- tableau de l'état misérable du pays, versets 2 à 9
- invitation à une conversion sincère, versets 10 à 20
- le glorieux passé opposé au triste présent ; les bénédictions et les châtiments que réserve l'avenir, selon le parti que prendront les auditeurs, versets 21 à 31
Comparez le début du cantique de Moïse, Deutéronome 32.1. La plainte de Dieu est celle d'un père odieusement trahi par ses enfants. Elle est si grave, qu'il veut la faire entendre aux témoins les plus antiques et les plus vénérables, à ceux-là mêmes qui ont assisté à la conclusion de son alliance avec Israël et aux soins fidèles qu'il lui a voués. Comparez Michée 6.1-2 ; 1.2 ; Psaumes 50.4 ; Esaïe 34.1
Des enfants. Comparez Exode 4.22 ; Deutéronome 32.6, et surtout Osée 11.1-4 : Lorsqu'Israël était jeune enfant, je l'aimai, je l'appelai hors d'Egypte... ; j'ai appris à Ephraïm à marcher..., je lui ai présenté la nourriture.