Oh ! venez, et débattons nos droits... Poursuivant son appel à la conversion (versets 16 et 17), le prophète invite le peuple à se présenter devant Dieu avec les dispositions qu'il réclame. Alors il verra si ses droits de peuple de l'alliance ne seront pas reconnus, malgré l'injustice qui a jusqu'ici souillé ses mains. Israël, en effet, mis en accusation par son Dieu, se permet de l'accuser à son tour, et le force ainsi à se défendre. Mais c'est en vain qu'il fait valoir ses observances extérieures ; l'injustice en détruit tout le mérite. Qu'il entre donc dans la voie que Dieu lui trace, et il verra si le pardon et la bénédiction divine ne lui seront pas rendus ! Que si Dieu en agit autrement, alors Israël pourra justement l'accuser. Comparez le procès de Dieu avec son peuple, dans Michée 6.2-8. Dieu veut non seulement être juste, mais être reconnu tel par ses créatures.
Blancs comme la neige... comme la laine. La blancheur de la neige et de la laine est l'emblème de la parfaite pureté (Apocalypse 7.9-14 ; 19.8), tandis que le rouge, couleur du sang (verset 15), est le symbole du crime (comparez le vêtement écarlate de la prostituée, Apocalypse 17.1-6). L'acte de blanchir représente ici l'uvre de la grâce qui purifie l'âme par un complet pardon.
Ecarlate, cramoisi. Les deux mots désignent la même couleur, le rouge éclatant. Le second signifie proprement ver (sanscrit krimi, arabe kermes) et désigne une espèce d'insecte(coccus ilicis) qui dépose ses ufs sur certains chênes nains, très communs dans l'Asie occidentale et dans le sud de l'Europe (quercus coccifera). On obtient, en broyant l'insecte, un rouge vif, dont les anciens se servaient pour teindre, les vêtements de luxe.