Le texte reçu porte ici, contre les meilleures autorités : "si ce n'est qu'auparavant il était descendu dans les parties les plus basses de la terre."
- Puisqu'il est monté, veut dire Paul, cela signifie que d'abord il s'était abaissé jusqu'à cette terre perdue dans les ténèbres, afin d'y accomplir son œuvre de délivrance. Nous pensons qu'il s'agit simplement de la venue du Fils de Dieu sur la terre.
Plusieurs exégètes anciens et modernes voient ici une mention d'une descente de Christ au séjour des morts. Ils s'appuient surtout sur le fait que l'apôtre emploie le comparatif : "les parties plus basses de (ou que) la terre" et sur la conclusion : afin qu'il remplit toutes choses.
L'échelle des êtres compte trois degrés : le ciel, la terre, le séjour des morts. Christ doit régner dans les trois domaines, pour remplir toutes choses, "afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre." (Philippiens 2 ; 10)
D'après la conception de l'A.T. que Paul adopte, le séjour des morts est situé "dans les profondeurs de la terre." (Psaumes 63.10 ; Ezéchiel 31.16 ; 32.18,24 ; Esaïe 14.15)
Tout en reconnaissant la force de ces arguments, nous nous en tenons à la première interprétation qui nous semble cadrer mieux avec le raisonnement de l'apôtre. Il peut en effet conclure de l'ascension de Christ à sa venue préalable sur la terre, mais non à sa descente au séjour des morts. Cette dernière idée n'est pas clairement exprimée dans notre passage.