Je me trouvais à Suse. Les mots précédents indiquent qu'il ne s'y trouvait pas réellement, mais qu'il y fut transporté en esprit, comme Ezéchiel à Jérusalem : Ezéchiel 8.3. Suse était, d'après Hérodote et les inscriptions assyriennes, une ville très ancienne. Darius fils d'Hystaspe, en fit la capitale de son empire (comparez Esther 1.2). Il l'agrandit et l'embellit ; c'est là sans doute ce qui a donné lieu à l'opinion répandue par quelques critiques modernes que c'était lui qui l'avait fondée ; opinion aujourd'hui démontrée fausse par les découvertes assyriennes, qui prouvent qu'elle était dès longtemps un centre de la puissance perse. Déjà Cyrus y résidait trois mois chaque année, d'après Xénophon. L'épithète de forteresse est celle qui accompagne presque constamment la mention fréquente de cette ville dans le livre d'Esther. On croit que les restes de cette ville se trouvent dans les ruines appelées Schusch, situées entre les deux rivières du Dizful et du Kercha (le Choaspès des anciens).
Elam ; voyez Jérémie 49.31, note.
Au bord du fleuve Oulaï. Le nom de ce fleuve est mentionné dans les inscriptions sous le nom de Oula et dans les auteurs anciens sous celui d'Eulaeus. Il pourrait être identifié avec le Dizful actuel, affluent du Kouran (Pasitigris). Cependant comme Hérodote et Strabon disent que Suse était située sur le Choaspès, on a proposé d'identifier l'Oulaï avec ce dernier. C'est ce que paraissent impliquer et notre verset et un passage de Pline. Seulement, ce qui s'oppose à cette seconde manière de voir, c'est que les anciens emploient comme deux noms différents les termes d'Eulaeus et de Choaspès. Il faut donc probablement se ranger à une troisième opinion, qui voit dans l'Oulaï une rivière intermédiaire, peut-être branche du Choaspès, qui allait se jeter dans le Dizful en passant près de la ville.
3 à 14 Le tableau.
Un bélier.. ; il avait deux cornes : d'après le verset 20, la puissance médo-perse. C'est sous cette figure qu'est représentée l'esprit gardien du royaume perse dans le livre sacré du Bundehesch. Le roi perse à l'armée portait également à la place du diadème une tête de bélier. Le bélier et le bouc, parmi les animaux domestiques présentent le même contraste que l'ours et la panthère (chapitre 7) parmi les animaux sauvages. L'un est lourd et massif, l'autre est agile et fougueux.
Devant le fleuve : littéralement, à la face du fleuve, ce qui paraît proprement signifier tourné vers le fleuve, mais l'on ne comprendrait pas quel sens aurait cette attitude. Il faut donc entendre plutôt : devant le fleuve, comme s'il venait d'en sortir pour défendre le passage. Ce fleuve est le symbole des forces vives de a Perse.
L'une était plus haute... Evidemment la nation perse comparée à la nation mède. Les Perses avaient été longtemps subordonnés aux Mèdes et n'avaient pris que graduellement la prépondérance.
Croissait... Comme si le prophète la voyait grandir sous ses yeux.