Contre le Très-Haut ; l'expression sienifie : en se mettant à côté du Très-Haut. C'est apparemment à ces discours que se rapporte la description de saint Paul : 2Thessaloniciens 2.4. Comparez Apocalypse 13.5.
C'est également un empiétement sur les attributions divines que commet le roi en se proposant de changer les temps et la loi que Dieu a établis. Les temps et la loi désignent les ordonnances du peuple messianique à ce moment. 4.4, où il s'agit de l'abolition momentanée du sacrifice perpétuel et de la profanation du sanctuaire, l'application à Antiochus, le persécuteur de la nation juive, est évidente, mais les termes ne sont pas les mêmes qu'ici.
Jusqu'à un temps, des temps et une moitié de temps ; comparez 12.7. Le terme de temps désigne une période dont la longueur n'est pas déterminée (comparez 4.16, note). Ce peut être une semaine, un mois, une année, ou tout autre espace de temps. Fixer la durée d'un temps à une année de 360 ou 365 jours, ou bien à une année d'années, à un espace de 360 ou 365 ans, ainsi que le font beaucoup d'interprètes, est entièrement arbitraire. On a trouvé dans cette indication une preuve de la composition du livre de Daniel sous les Maccabées, en ce sens que la persécution d'Antiochus a duré trois ans et demi. Mais, indépendamment des raisons que nous avons exposées, cette supposition soulève de très grandes difficultés que nous examinerons dans la conclusion. Les idées que nous paraît renfermer cette manière de diviser la durée totale de la persécution en un temps, des temps et une moitié de temps, sont les suivantes :
- Cette durée a été à l'avance mesurée et partagée par Dieu lui-même.
- Elle se divisera en trois périodes. Dans la première, représentée par l'unité (un temps), la puissance du persécuteur s'établira. Dans la seconde, désignée par la pluralité (des temps), elle se maintiendra et se développera ; enfin, dans la troisième, représentée par la moitié, il arrivera qu'au moment même où elle sévira en son plein et semblera devoir durer à toujours, elle sera brusquement brisée par la main de Dieu.
- L'intention symbolique de cette expression ressort encore plus clairement si nous admettons que par le second des termes, des temps, il faut entendre, deux temps. Le chiffre deux représente en effet la plus simple des pluralités, et du livre de Daniel lui-même il ressort que c'est bien là le sens de l'expression : des temps ; comparez les 1290 jours ou 3 trois ans et demi : 12.11. C'est à quoi reviennent aussi les 42 mois : Apocalypse 11.2 ; 13.5. La somme ainsi obtenue par l'addition des trois termes est précisément la moitié du chiffre qui représente une totalité complète : sept (3.19 ; 4.16). Une calamité qui durerait sept ans serait une calamité absolue, dans laquelle le persécuteur triompherait définitivement et dont nul n'échapperait (Matthieu 24.22), tandis qu'une calamité qui dure trois temps et demi, est une calamité dont l'auteur ne réussira qu'à moitié dans ses projets, et à laquelle met subitement fin une intervention divine qui fait que les fidèles peuvent échapper. Telle nous parait être la portée de cette expression symbolique. C'est en raison de ce sens que la sécheresse qui eut lieu du temps d'Elie est estimée, dans le Nouveau Testament, à trois ans et demi (Luc 4.25 et suivants ; Jacques 5.17), quoique, d'après le livre des Rois, la pluie soit déjà revenue la troisième année (1Rois 18.1). C'est là ce qui fait aussi que, dans l'Apocalypse, la durée de toute espèce de temps de deuil et de calamité, est ramenée a ce même total de trois et demi, soit sous la forme de trois et demi jours (Apocalypse 11.11) ; ou bien aussi sous celle de quarante-deux mois, soit 3 fois 12 et 6 mois (Apocalypse 11.2 ; 13.5) ; ou bien enfin sous celle de 1260 jours soit 3 fois 360 jours et 180 jours (Apocalypse 11.3 ; 12.6).