Ce chapitre raconte le songe de Nébucadnetsar représentant les quatre grandes monarchies qui se succèdent pour faire place enfin au royaume de Dieu. Ce sujet est repris et développé par la vision du chapitre 7. On peut même dire que, comme les révélations reçues par Daniel dans la suite ne sont toutes que le développement de celle-ci, ce chapitre 2 forme la base de la seconde partie du livre. Le fait que ce ne fut pas le prophète hébreu, mais le roi païen qui reçut cette révélation est significatif :
En la personne du premier roi qui ait représenté la monarchie universelle, en la personne de celui qui venait de mettre fin au royaume d'Israël, la puissance de ce monde apprend à connaître son destin final et comment elle doit à son tour et à jamais faire place un jour au règne de Dieu. Cependant, il importe de le remarquer : bien que favorisé d'un songe divin, le monarque païen est incapable de le comprendre par lui-même ; ses sages ne peuvent pas non plus le lui interpréter. Ce songe n'est donc pour lui qu'un sujet de trouble intérieur, jusqu'au moment où un Israélite éclairé de Dieu vient le lui raconter et lui en donner la clef. (Auberlen.)
1 à 11 Nébucadnetsar fait un songe que les mages ne peuvent raconter.
La seconde année du règne de Nébucadnetsar. Ce monarque ne devint réellement roi qu'en 604, soit la sixième année de Jéhojakim. Nous avons déjà vu (1.1 note) que, si Nébucadnetsar est appelé roi avant cette époque, c'est par anticipation. (Le passage Jérémie 25.4 doit aussi être expliqué en partant du commencement de sa régence.) Si l'on admet que les jeunes Israélites ont été envoyés à Babylone immédiatement après la prise de Jérusalem (606), ils avaient déjà terminé les trois années d'études dont il est question 1.5,18, à l'époque de la seconde année de Nébucadnetsar, c'est-à-dire en 603-602. L'explication de quelques commentateurs qui placent l'interprétation du songe par Daniel pendant les années d'études de celui-ci, crée des difficultés ; voyez surtout 2.48.
Ayant eu des songes. Il n'est question dans la suite du récit que d'un seul songe ; le pluriel signifie simplement : il se trouva en état de songe.
Comparez les révélations accordées sous forme de songe à des hommes étrangers à la théocratie : Abimélec (Genèse 20.3), Laban (Genèse 31.24), Pharaon (Genèse 41.1-12). Le songe est la forme inférieure de la révélation, et cette forme, dans la circonstance présente, était d'autant mieux choisie que les peuples païens en général et les Chaldéens en particulier attachaient aux songes une importance extrême et leur attribuaient un sens prophétique. Les documents contemporains attestent le fait.
Fut frappé. L'agitation que lui causa ce songe l'empêcha de se rendormir.