On n'est pas d'accord sur la question de savoir si le nom des Nicolaïtes est la désignation historique d'une secte, ou si c'est un terme symbolique destiné à caractériser les tendances immorales qui sont ici condamnées.
Dans le premier cas, plusieurs font remonter l'origine de cette secte à Nicolas, l'un des sept diacres, (Actes 6.5) qui, au rapport d'Irénée serait plus tard déchu de la foi et tombé dans des erreurs impures.
S'il s'agit, au contraire, d'un nom symbolique (comme celui de Jésabel, verset 20), on pourrait être tenté d'y voir l'indication des mêmes égarements qui sont caractérisés à verset 14 sous 1e nom de "doctrine de Balaam," Nicolas pouvant signifier, en grec : celui qui vainc le peuple, et Balaam, en hébreu : celui qui engloutit le peuple.
Plusieurs ont admis cette opinion, sans qu'il soit bien démontré quelle est fondée. Il faudrait pour cela que versets 14,15 parlassent des mêmes tendances sous deux noms différents, ce qui est douteux.
Quoi qu'il en soit, nous avons probablement ici les funestes erreurs décrites dans les épîtres de Pierre, de Jean et de Jude, une fausse spiritualité, une liberté charnelle qui se livrait à la sensualité sous prétexte qu'elle ne souille pas l'esprit, et que pour le chrétien il n'y a plus de loi.
Les Ephésiens sont loués d'avoir su haïr ces doctrines, et le Seigneur lui-même les hait aussi, par un effet de sa sainteté même.