Ananias, que l'historien Josèphe dépeint comme un homme ambitieux, cupide et cruel (Ant. XX, 9, 2-4), avait été élevé à la dignité de souverain sacrificateur par Hérode, prince de Chalcis, vers l'an 47.
Quatre ans plus tard, il avait été envoyé à Rome, lié de chaînes, par Quadratus, gouverneur de Syrie, pour répondre de violences commises par des zélotes envers des Samaritains. (Josèphe, Ant. XX, 6, 2.) Il fut acquitté et réinstallé dans sa charge. Déposé vers la fin du gouvernement de Félix, il garda une grande influence, due à ses richesses.
Dès les premiers temps de la guerre des Juifs contre les Romains, Ananias périt, assassiné par des sicaires. (Josèphe, Guerre des Juifs II, 17, 9.)
Tel fut l'homme qui se trouvait alors à la tête de la théocratie juive.
Irrité de l'assurance avec laquelle Paul, ancien pharisien, devenu apostat, en appelait à sa bonne conscience, malgré les accusations portées contre lui, Ananias commanda à ceux qui étaient près de lui, probablement des huissiers, (Marc 14.65,Jean 18.22) de le frapper sur la bouche. Il voulait non seulement l'outrager, mais le punir des paroles que cette bouche venait de prononcer.
Que dut penser le tribun militaire, présent à la séance, (verset 10) lui qui n'avait pas osé frapper un citoyen romain ? (Actes 22.26 et suivants)