Cette prescription paraît dirigée contre la polygamie, admise par les païens, et dont il y avait encore alors des exemples parmi les Juifs. Elle condamne également le divorce, suivi d'un second mariage du vivant de la première femme, et plus généralement toutes relations illégitimes avec des personnes d'un autre sexe. (1Corinthiens 9.5, note.)
- Plusieurs commentateurs modernes se refusent à voir dans cette parole l'interdiction de la polygamie ou des relations illicites, parce qu'une telle interdiction serait trop évidente pour n'être pas superflue. Ils pensent que Paul exige de l'évêque qu'il n'ait pas contracté un second mariage après la mort de sa première femme.
Mais dans notre épître même, (1Timothée 5.14) l'apôtre exhorte les jeunes veuves à se remarier. Il ne voit donc rien de blâmable dans une seconde union. La recommandation qu'il fait au sujet de l'évêque (ici et 1.6), des diacres (1Timothée 3.12) et des veuves (1Timothée 5.9) paraîtra moins superflue, si l'on considère l'extrême licence des mœurs de ce temps et la fréquence des divorces. (Comparer 1Timothée 3.3, note.)
- Quel que soit d'ailleurs le sens que l'on donne à cette parole, elle est opposée au célibat des prêtres, tel que l'a institué l'Eglise catholique. Aussi des commentateurs catholiques ont-ils prétendu que mari d'une seule femme signifiait "pasteur d'une seule Eglise."
- L'Eglise grecque voit dans ce passage l'interdiction d'un second mariage pour l'évêque ; mais elle y voit aussi pour lui l'ordre positif d'être marié.
Ce mot signifie aussi vigilant. (1Thessaloniciens 5.6 ; 1Pierre 5.8) Mais ici, dans sa relation avec le mot suivant (prudent), il indique la sobriété du corps et de l'esprit. (1Timothée 3.11 ; 2.2)
Modéré, sage, exempt de ces passions qui troublent la justesse du jugement.
Posé, d'une conduite décente.
"Cette qualité est, à l'extérieur, ce que la prudence est au dedans."Bengel.
Exercer l'hospitalité était regardé chez les anciens comme un devoir sacré ; pour les premiers chrétiens, souvent déplacés par la persécution, souvent en voyage pour répandre l'Evangile, il était précieux de trouver en tous lieux des frères pour les accueillir. Les membres des Eglises avaient ainsi fréquemment l'occasion d'exercer l'hospitalité ; les apôtres leur rappellent souvent ce devoir. (Romains 12.13 ; 1Pierre 4.9 ; Hébreux 13.2 ; comparez Matthieu 25.35)
Aujourd'hui la facilité des voyages a trop fait oublier cette obligation, qui peut être accompagnée de bénédictions bien supérieures au bienfait matériel de l'hospitalité elle-même.
Comparer 1Timothée 5.17, note ; 1.9, note, et surtout 2Timothée 2.24, où se retrouve le même terme. Bien que la parole fût permise dans les assemblées à tous ceux qui avaient un don à exercer pour l'édification commune, Paul exige ici de l'évêque autre chose, à savoir l'instruction et le talent de la communiquer, qualités sans lesquelles nul n'est propre à enseigner.