En rapportant cette question à verset 15 seulement, elle devient un argument négatif pour celui des époux qui a été abandonné, de ne pas insister pour une réunion dans laquelle la conversion de l'autre est incertaine.
Mais la plupart des commentateurs et des traducteurs, depuis Chrysostome et Calvin, voulant appliquer ce verset comme un argument positif à la pensée générale de l'apôtre contre la séparation de la partie chrétienne dans le mariage mixte, (verset 12) le paraphrasent plutôt qu'ils ne le traduisent ainsi : "Que sais tu, femme, si tu ne sauveras pas ton mari ? ou que sais-tu, mari, si tu ne sauveras pas ta femme ?" et ils en font un motif pour l'époux chrétien de rester uni à l'infidèle, dans l'espérance de le convertir à Christ. Cela paraît plus conforme à l'ensemble, mais cela fait violence au sens grammatical.
La vérité est que Paul dit : "Tu ne sais ni oui, ni non ; ainsi donc, si la partie païenne veut rester dans l'union, c'est bien ; (verset 12 et suivants) sinon, l'autre n'est point liée." (verset 15)
Quoi qu'il en soit, bien imprudents sont les chrétiens qui, si souvent, ont prétendu trouver dans ce verset un argument pour s'autoriser à contracter un mariage en dehors de la foi, dans l'espoir de gagner à Christ celui ou celle à qui ils veulent s'unir ; les paroles de l'apôtre ne sont pas pour eux, mais contre eux.