L'apôtre fonde ici les enseignements moraux qu'il veut inculquer à ses lecteurs sur les vérités bibliques relatives au rapport que Dieu a établi entre l'homme et la femme.
Mais, s'élevant immédiatement à une pensée infiniment plus haute, il voit dans ce rapport une image de celui qui unit notre humanité avec Christ, et par lui avec Dieu lui-même.
Dieu, dans son infinie condescendance, a voulu créer des êtres intelligents capables de le connaître et de l'aimer, qui, malgré leur absolue dépendance de lui, lui fussent pourtant semblables par l'amour, et qui trouvassent dans cet amour le vrai motif de l'obéissance due au souverain Maître, le vrai rapport entre la créature et le Créateur.
Pour cela, Christ, qui est à la fois le Dieu révélé et le révélateur de Dieu, le Médiateur et le lien de ce rapport entre la créature et le Créateur, est devenu le Chef (Grec : "la Tête") de l'homme, l'Epoux de son Eglise qu'il a rachetée et qu'il veut présenter à Dieu pure et sans tache. (Ephésiens 5.22 et suivants) Mais en tant que Christ lui-même s'est fait homme semblable à nous, membre réel de cette humanité, Dieu est son Chef.
Christ est, à la fois, Celui "par qui et pour qui toutes choses ont été faites," et le "premierné entre plusieurs frères ;" comme ces derniers, il met sa confiance en Dieu, il invoque Dieu, il peut s'approprier les paroles du prophète : "Me voici moi et les enfants que Dieu m'a donnés," (Hébreux 2.13) il s'identifie avec eux dans un même rapport de subordination et d'amour.
Maintenant, Paul voit une image de ce rapport dans celui du mari et de la femme. Cette image, qui se trouve déjà dans l'Ancien Testament, a été développée et réalise dans le Nouveau. L'homme fut d'abord créé à l'image de Dieu, puis la femme, pour être son aide ; (versets 8,9) l'homme n'est donc dépendant que de Dieu en Christ ; la femme est dans la même relation avec Dieu sans doute (car l'apôtre, en disant que Christ est le Chef de l'homme, n'exclut point la femme de cette relation), mais elle est en même temps dépendante de son mari, qui est son guide, son appui, et le lien naturel entre elle et Dieu. (1Corinthiens 14.34,35)
Tout cela est pris à un point de vue idéal (comme la Bible le fait toujours), et suppose les choses telles qu'elles doivent être ou devenir.
Il y a plus : cette dépendance de la femme n'est que pour le temps de l'épreuve ici-bas ; (Matthieu 22.30 ; Luc 20.34-36) et même dans la mesure où la vie éternelle apparaît au sein de cette vie terrestre, se manifeste aussi dans cette inégalité l'égalité qui un jour sera parfaite ; "en Christ, il n'y a plus ni homme, ni femme." (Galates 3.28)
Ainsi, le même apôtre qui insiste si fort sur la diversité qui existe dans ce rapport terrestre, image de l'union de l'homme avec Dieu, enseigne tout aussi clairement l'unité des âmes en Dieu, sans distinction de sexe ni de rang.
Ce contraste, qui n'est point une contradiction, se retrouve dans toutes les relations de la vie humaine : subordination des uns à l'égard des autres, et pourtant égalité devant Dieu, égalité qui atteindra un jour à sa perfection.