Grec : "Je vous loue de ce que vous vous rappelez toutes choses de moi, et que, comme je vous ai livré les traditions, vous les retenez."
L'apôtre entend par traditions ses instructions, tant orales qu'écrites, comme il le dit clairement lui-même : (2Thessaloniciens 2.15) et il se sert de ce mot pour montrer que ces instructions n'étaient pas de lui, mais qu'il les avait reçues du Seigneur et qu'il n'en était, pour ainsi dire, que le dépositaire et le messager.
- Au moment de reprendre les Corinthiens, il les loue des choses dans lesquelles ils étaient restés fidèles, afin que la vérité soit toujours tempérée par la charité.
Les admonitions de l'apôtre qui ouvrent ce chapitre, (versets 3-16) toutes fondées sur les mœurs du temps, ne trouvent plus leur application littérale de nos jours, parce que les idées, qui se traduisent par la mise, varient dans leur expression, d'une époque à l'autre, et de nation à nation.
Mais l'esprit de ces enseignements subsiste et reste aussi invariable qu'il est important. En outre, il est au plus haut degré instructif de voir de quelle manière l'apôtre rattache les moindres préceptes de morale aux plus profondes vérités, montrant ainsi que tout se tient dans la vie chrétienne, et qu'il est impossible d'en négliger aucune partie sans fouler aux pieds le fondement même sur lequel elle repose. (Voir surtout son point de départ, verset 3)
Dans tout l'Orient, et aussi en Grèce, les mœurs voulaient que les femmes ne parussent en public que voilées et avec les cheveux longs, tandis que les hommes les portaient courts. On attachait aux usages contraires des idées d'inconvenance, sinon d'immoralité. Or, à Corinthe on avait commencé à mépriser sur ce point l'opinion publique. Les femmes assistaient sans voile aux assemblées de l'Eglise, se fondant sans doute sur le principe de la liberté chrétienne prêché par Paul lui-même, et sur celui de l'égalité de l'homme et de la femme devant Dieu. (Galates 3.28)
Quelque vrais que soient ces principes eux-mêmes, l'apôtre en blâme l'application présente. Il aurait pu invoquer le danger moral d'une telle innovation, soit pour les chrétiens eux-mêmes, soit surtout pour le monde, auquel on fournissait ainsi une excellente occasion de blasphémer contre l'Evangile. Mais, bien que cette pensée fût sans doute dans l'esprit de l'apôtre, il préfère tirer ses arguments du domaine même des révélations divines.