L'apôtre lie, par la particule car, le récit de l'institution de la cène à ce reproche : Je ne vous loue point, je vous blâme : cela nous indique clairement que son but est de mettre en contraste frappant, d'une part, la cène du Seigneur envisagée dans toute sa pureté primitive, et, d'autre part, les abus dont les Corinthiens l'avaient profanée. L'impression que fait ce simple récit dut leur prouver, mieux que tous les raisonnements et tous les reproches, combien leur manière de la célébrer en dénaturait le but et leur en ôtait les bénédictions. Au reste, les sérieuses conséquences que l'apôtre déduit de son récit (versets 28-34) nous montrent plus clairement encore quel était son but.
- Bien que l'apôtre connût l'institution de la cène par la tradition apostolique, il déclare positivement que, ce qu'il a transmis sur ce point aux Corinthiens, il l'avait reçu du Seigneur, c'est-à-dire, comme il le dit ailleurs, de tout l'Evangile qu'il prêchait, il l'avait reçu "par une révélation de Jésus-Christ." (Galates 1.12 ; comparez 1Corinthiens 7.40, note.)
Si Paul n'avait eu l'histoire de l'institution de la cène que par la tradition, il ne dirait pas : moi j'ai reçu, mais : nous avons reçu. C'était donc non seulement de son autorité apostolique, mais par l'autorité de Jésus-Christ, qu'il transmettait aux Eglises cet important document sur l'origine et le sens de la sainte cène.
"Nous avons ici uneexposition authentique de Christ lui-même, après sa résurrection, sur son sacrement,et de tout temps l'Eglise, comprenant ainsi ce passage, l'a considéré comme l'explication de la sainte cène la plus importante qui se trouve dans le Nouveau Testament"**Olshausen.
Quel souvenir que celui de cette nuit terrible des souffrances de Jésus, mis en contraste avec la manière légère et profane dont ce même repas était célébré à Corinthe !
- Quant à l'explication des paroles de l'institution, on ne la reproduira pas ici. Voir Matthieu 26.26-28 ; Luc 22.19-21, notes. C'est Luc qui, dans son récit, se rapproche le plus des termes mêmes de Paul.