Il y a dans ces versets (versets 24-29) un nombre considérable de variantes qu'il faut indiquer.
verset 24, les mots du texte reçu : prenez, mangez, manquent dans les sources les plus décisives ; ils sont retranchés dans notre texte. De même le mot qui est rompu manque dans les plus anciens manuscrits qui lisent seulement : ceci est mon corps pour vous. Ainsi traduit M. Rilliet d'après le manuscrit du Vatican. Comme le Seigneur, en prononçant ces mots, rompait le pain, le sens, d'autant plus saisissant, se trouvait dans l'action symbolique, et n'avait pas besoin de paroles. Matthieu et Marc ne les ont pas non plus ; Luc dit : qui est donné pour vous. Toutefois, le témoignage opposé d'autres autorités rend la suppression au moins douteuse.
verset 26, ; il ne faut pas lire : de ce pain, de cette coupe, mais : ce pain, la coupe.
verset 27, le pain, la coupe.
verset 29, les mots indignement et du Seigneur sont omis par de graves autorités, en sorte que la pensée de l'apôtre serait exprimée ainsi : "Celui qui mange et boit, mange et boit un justement, ne discernant pas le corps."
Ainsi manger et boire seulement, et ne pas discerner ce corps donné pour nous, serait la cause du jugement. Toutefois les raisons externes et internes de cette leçon ne sont pas assez décisives pour l'introduire dans le texte, comme le font Lachmann, Tischendorf, etc.