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Discours aux chrétiens · Charles G. Finney

Discours 6

La religion légale

À moi ceux qui sont pour l'Éternel ! (Exode 32,26)

Vendredi soir dernier, vous vous en souvenez, en prêchant sur ce texte, j'ai mentionné trois classes de croyants de profession : ceux qui aiment vraiment Dieu et les hommes ; ceux qui, dans leurs devoirs religieux, sont mus uniquement par l'égoïsme (ou tout au plus par l'amour de soi) ; et ceux qui sont mus seulement par le souci de l'opinion publique. J'ai aussi mentionné plusieurs traits caractéristiques de la première classe, auxquels on peut la reconnaître. Ce soir, je me propose de mentionner plusieurs traits caractéristiques de la seconde classe, Ces croyants de profession qui sont mus par l'amour de soi ou par l'égoïsme.

Je veux montrer comment leur but premier, leur but principal en religion, se révèle dans leur conduite. La conduite des hommes montre invariablement quel est leur but véritable et principal. Le caractère d'un homme est à la mesure de son objectif suprême. Et si vous pouvez apprendre par sa conduite quel est cet objectif dominant, vous pouvez alors connaître avec certitude quel est son caractère. Et je suppose que nous pourrions en général le savoir avec une grande certitude, si nous voulions bien observer leur conduite franchement et à fond.

Ces trois classes de croyants de profession se ressemblent sur bien des points, et il serait impossible de les distinguer en observant seulement ces points-là. Mais il y a certaines choses sur lesquelles elles diffèrent, et une observation attentive fera voir la différence dans leur conduite, d'où nous concluons à une différence dans leur caractère. Et ces points sur lesquels elles diffèrent touchent aux fondements mêmes de la religion.

Je vais maintenant mentionner quelques-uns des traits caractéristiques de la seconde classe, ceux qui sont mus par l'amour de soi ou par l'égoïsme, chez qui l'espérance et la crainte sont les grands ressorts de tout ce qu'ils font en religion. Et les choses que je vais mentionner sont telles que, lorsqu'on les voit, il devient évident que l'individu est mû par un souci suprême de son propre bien, et que la crainte du mal, ou l'espoir d'un avantage pour lui-même, est le fondement de toute sa conduite.

1. Ils font de la religion une préoccupation secondaire.

Ils montrent par leur conduite qu'ils ne regardent pas la religion comme l'affaire principale de la vie, mais comme une chose subordonnée à d'autres. Ils considèrent la religion comme une chose qui doit venir en passant, une chose qui doit trouver sa place parmi d'autres choses, comme une sorte d'occupation du jour du sabbat, ou quelque chose qu'il faut réserver à la prière dans le secret, à l'heure du culte de famille et au sabbat, mais non comme la grande affaire de la vie. Ils font une distinction entre le devoir religieux et les affaires, et les considèrent comme deux domaines entièrement séparés. Alors que, s'ils avaient sur ce sujet des vues justes, ils considéreraient la religion comme la seule affaire de la vie, et ne tiendraient rien d'autre pour légitime ni pour digne d'être poursuivi, sinon dans la mesure où cela favorise la religion ou la sert. S'ils avaient les sentiments qui conviennent, la religion marquerait de son empreinte tout ce qu'ils font, et il serait manifeste que chacun de leurs actes est soit un acte d'obéissance à Dieu, soit un acte d'irréligion.

2. Ils accomplissent leurs devoirs religieux comme une corvée, et non sous l'effet de l'amour de Dieu qui les presse et qui brûle en eux.

Un tel homme ne trouve aucune joie à exercer les affections religieuses ; et quant à la communion avec Dieu, il n'en sait rien. Il prie comme on accomplit une corvée. Il se met à ses devoirs religieux comme les malades prennent leur remède : non parce qu'ils l'aiment, mais parce qu'ils espèrent en tirer quelque bien.

Et ici, permettez-moi de demander à ceux qui sont présents ce soir : aimez-vous les exercices religieux, ou les accomplissez-vous parce que vous espérez en recevoir quelque bien ? Allons, soyez honnêtes, répondez à cette question selon l'exacte vérité, et voyez où vous en êtes.

3. Ils ont manifestement un esprit légal, et non l'esprit de l'Évangile.

En religion, ils font plutôt ce qu'ils sont obligés de faire que ce qu'ils aiment faire. Ils ont les yeux fixés sur les commandements de Dieu, et ils obéissent à ses exigences en accomplissant leurs devoirs religieux, mais ils ne s'y adonnent pas parce qu'ils les aiment. Au sujet de leurs devoirs, ils sont toujours prêts à se demander non pas tant comment ils peuvent faire le bien que comment ils peuvent être sauvés. Il y a entre eux exactement la même différence qu'entre un pécheur convaincu de péché et un vrai converti. Le pécheur convaincu demande : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » Le vrai converti demande : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » De même, cette classe de croyants de profession demande sans cesse : « Que dois-je faire pour aller au ciel ? », et non : « Que puis-je faire pour y amener les autres ? » L'objectif principal d'un tel croyant de profession n'est pas de sauver le monde, mais de se sauver lui-même.

4. Ils sont mus par la crainte bien plus que par l'espérance. Ils accomplissent leurs devoirs religieux surtout parce qu'ils n'osent pas les omettre. Ils vont à la sainte cène, non parce qu'ils aiment y rencontrer Christ, ni parce qu'ils aiment communier avec leurs frères, mais parce qu'ils n'osent pas rester à l'écart. Ils craignent les censures de l'Église, ou bien ils ont peur d'être damnés s'ils la négligent. Ils accomplissent leurs devoirs de prière secrète, non parce qu'ils trouvent leur joie dans la communion avec Dieu, mais parce qu'ils n'osent pas les négliger. Ils ont l'esprit des esclaves, et ils vaquent au service de Dieu comme les esclaves vaquent au service de leur maître, avec le sentiment qu'ils sont obligés d'en faire à peu près tant, sous peine d'être battus de nombreux coups. De même, ces croyants de profession se sentent obligés d'avoir à peu près tant de religion et d'accomplir à peu près tant de devoirs religieux, sous peine d'être fouettés par leur conscience et de perdre leurs espérances. C'est pourquoi ils s'acquittent, assez péniblement et laborieusement, d'à peu près tant de devoirs religieux par an, et c'est cela qu'ils appellent la religion !

5. Leur religion n'est pas seulement produite par la crainte du déshonneur ou par la crainte de l'enfer : elle est aussi, pour l'essentiel, de caractère négatif.

Ils se contentent, pour l'essentiel, de ne rien faire de très mauvais. N'ayant aucune vue spirituelle, ils regardent surtout la loi de Dieu comme un système d'interdictions, destiné simplement à préserver les hommes de certains péchés, et non comme un système de bienveillance qui s'accomplit par l'amour. Et ainsi, pourvu qu'ils soient moraux dans leur conduite, assez sérieux et convenables dans leur comportement général, et qu'ils accomplissent la quantité requise d'exercices religieux, cela leur suffit. Leur conscience les tourmente moins au sujet des péchés d'omission qu'au sujet des péchés de commission. Ils font une distinction entre négliger de faire ce que Dieu exige expressément et faire ce qu'il défend expressément. Tout ce qu'on peut dire d'eux, c'est qu'ils ne sont pas très mauvais. Ils semblent attacher peu ou point d'importance au fait d'être utiles à la cause de Christ, tant qu'on ne peut les convaincre d'aucune transgression positive.

6. Les personnes de cette classe sont plus ou moins strictes dans leurs devoirs religieux, selon la lumière qu'elles ont et la vivacité avec laquelle leur conscience les poursuit.

Quand elles ont l'esprit éclairé et la conscience délicate, vous les trouvez souvent les plus rigides de tous les croyants de profession. Elles paient la dîme jusque sur la menthe et l'aneth. Elles sont raides jusqu'à en être revêches. Ce sont de parfaits pharisiens, et elles poussent toutes choses jusqu'aux derniers extrêmes, pour ce qui est de la rigueur extérieure.

7. Elles sont plus ou moins malheureuses, en proportion de la délicatesse de leur conscience.

Malgré toute leur rigueur, elles ne peuvent s'empêcher de sentir qu'elles sont, après tout, de grands pécheurs ; et comme elles n'ont aucune juste idée de la justification selon l'Évangile, cela les laisse très malheureuses. Et plus leur conscience est éclairée et délicate, plus elles sont malheureuses. Malgré leur rigueur, elles sentent qu'elles restent en deçà de leur devoir ; et comme elles n'ont aucune foi selon l'Évangile, ni rien de cette sainte onction du Saint-Esprit qui apporte la paix à l'âme, elles sont insatisfaites, inquiètes et misérables.

Beaucoup d'entre vous, peut-être, ont vu de telles personnes. Peut-être certains d'entre vous sont-ils de ceux-là, et n'ont-ils jamais su ce que c'est que de se sentir justifiés devant Dieu par le sang de Jésus-Christ ; vous ne savez pas ce que c'est que de sentir que Jésus-Christ vous a acceptés et reconnus pour siens. Vous n'avez jamais éprouvé dans votre esprit ce dont parle ce texte : « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, qui ne marchent pas selon la chair, mais selon l'Esprit. » Ce langage éveille-t-il en vous une idée chaleureuse et concrète, est-il pour vous une réalité parce que vous en faites l'expérience dans votre âme ? Ou bien, après tout, vous sentez-vous encore condamnés et coupables, sans aucun sentiment du pardon de vos péchés, sans aucune paix avec Dieu dont vous ayez fait l'expérience, sans aucune confiance en Jésus-Christ ?

8. Les personnes de cette classe sont encouragées et réconfortées en lisant le récit des saints d'autrefois qui sont tombés dans de grands péchés.

Elles se sentent merveilleusement instruites et édifiées quand elles entendent exposer en pleine lumière les péchés du peuple de Dieu. Alors elles sont consolées et leurs espérances sont merveilleusement fortifiées. Au lieu de se sentir humiliées et affligées, au lieu de sentir qu'une telle conduite est si contraire à toute religion qu'elles auraient peine à croire que ces gens-là étaient des saints si on ne l'avait pas trouvé dans la Bible, et qu'elles ne pourraient pas croire du tout que des gens qui feraient de telles choses sous la lumière de l'économie chrétienne puissent être des saints, elles se sentent satisfaites et fortifiées, et leurs espérances confirmées, par toutes ces choses. J'ai connu autrefois un homme, un ancien de surcroît, qui fut traduit devant le conseil d'une Église pour crime d'adultère, et qui chercha bel et bien à s'excuser par cet argument : il ne savait pas, disait-il, pourquoi on s'attendrait à ce qu'il soit meilleur que David, l'homme selon le cœur de Dieu.

9. Elles sont toujours d'autant plus satisfaites que la mesure de piété présentée du haut de la chaire est plus basse.

Si le pasteur adopte une mesure basse, et qu'il soit disposé à espérer charitablement que presque tout le monde est chrétien, elles sont contentes, elles le complimentent pour sa large charité, et elles le louent comme un homme si excellent, si charitable, et ainsi de suite. Il est facile de voir pourquoi cette classe de personnes se plaît à une telle présentation du christianisme. Elle sert leur but principal. Elle les aide à conserver ce qu'elles appellent une « espérance qui console », alors qu'elles font si peu de chose pour Dieu. Tout à l'opposé, vous verrez la conduite de l'homme dont le but principal est de débarrasser le monde du péché. Il veut que tous les hommes soient saints, et c'est pourquoi il veut qu'on maintienne bien haut la vraie mesure de la sainteté. Il veut que tous les hommes soient sauvés, mais il sait qu'ils ne peuvent l'être s'ils ne sont pas vraiment saints. Et il croirait aussi volontiers que Satan ira au ciel qu'il croirait pouvoir y faire entrer un homme en rognant, par « charité », la mesure de sainteté que fixe la Bible.

10. Elles aiment qu'on prêche des doctrines « qui consolent ».

De telles personnes aiment volontiers qu'on s'étende longuement sur la doctrine de la persévérance des saints et sur la doctrine de l'élection. Souvent elles ne veulent rien d'autre que ce qu'elles appellent les doctrines de la grâce. Et si on peut les prêcher d'une manière assez abstraite pour leur apporter de la consolation sans trop blesser leur conscience, elles se disent nourries.

11. Elles aiment que leurs pasteurs prêchent des sermons « pour nourrir les chrétiens ».

Leur objectif principal n'est pas de sauver les pécheurs, mais d'être sauvées elles-mêmes ; c'est pourquoi elles choisissent toujours un pasteur, non pour son aptitude à prêcher en vue de la conversion des pécheurs, mais pour son talent à nourrir l'Église de pures abstractions.

12. Elles attachent une grande importance au fait d'avoir « une espérance qui console ».

Vous les entendrez parler très gravement de l'importance d'avoir une espérance qui console. Pourvu qu'elles aient l'esprit tranquille, elles se soucient fort peu de savoir si quelqu'un d'autre autour d'elles est sauvé ou non. Pourvu seulement que leurs craintes soient apaisées et leurs espérances entretenues, elles ont assez de religion pour être satisfaites.

Tout à l'opposé, vous verrez que les vrais amis de Dieu et des hommes pensent surtout à autre chose : ils s'efforcent d'arracher les pécheurs du feu, et ne dépensent pas leur énergie à entretenir pour eux-mêmes une espérance qui console.

Dans leurs prières, vous verrez que ceux de la classe dont je parle maintenant prient surtout pour que leurs preuves deviennent plus claires, pour avoir l'assurance qu'ils vont au ciel et savoir qu'ils sont agréés de Dieu. Leur grand objectif est de mettre leurs espérances en sûreté ; aussi prient-ils pour que leurs preuves deviennent plus claires, au lieu de prier pour que leur foi soit fortifiée et que leurs âmes soient remplies du Saint-Esprit, afin d'arracher les pécheurs du feu.

13. Ils vivent dans une large mesure de leurs propres dispositions d'esprit. Ils attachent une grande importance aux émotions particulières qu'ils éprouvent de temps à autre. S'ils ont eu à un moment quelconque des sentiments religieux très exaltés, ils s'y arrêtent, et font durer cette preuve très longtemps. Une seule de ces périodes d'exaltation soutiendra leurs espérances aussi longtemps qu'ils pourront en garder un souvenir distinct. Peu importe qu'ils ne fassent rien MAINTENANT, et qu'ils aient conscience de n'éprouver maintenant aucun mouvement d'amour pour Dieu : ils se rappellent le temps où ils ont éprouvé tels et tels sentiments, et cela suffit à entretenir leurs espérances. S'il y a eu un réveil, et qu'ils se sont mêlés à ses scènes jusqu'à ce que leur imagination s'exalte au point qu'ils pouvaient pleurer, prier et exhorter avec émotion pendant le réveil, cela leur durera longtemps, et ils auront pendant des années, sur la foi de ce souvenir, une espérance qui console. Bien qu'une fois le réveil terminé ils ne fassent rien pour faire avancer la religion, et que leur cœur soit dur comme le diamant, ils ont tout ce temps-là une espérance très consolante, et attendent patiemment qu'un réveil vienne leur donner une nouvelle impulsion.

Y en a-t-il parmi vous, ici présents, qui s'étayent sur leurs dispositions et leurs sentiments passés, qui s'appuient sur des preuves tirées non de ce qu'ils font maintenant, mais de quelque chose qu'ils ont ressenti l'an dernier, ou il y a des années ? Laissez-moi vous dire que, si vous vivez ainsi sur une expérience passée, vous verrez qu'elle vous fera défaut quand vous en aurez besoin.

14. Ils prient presque exclusivement pour eux-mêmes.

Si vous pouviez écouter à la porte de leur chambre, vous entendriez les huit dixièmes de toutes leurs requêtes monter pour eux-mêmes. Cela montre le prix qu'ils attachent à leur propre salut en comparaison du salut des autres : c'est comme huit à deux. Et s'ils prient dans les réunions, il en sera bien souvent exactement de même, et vous ne supposeriez pas, à les entendre prier, qu'ils savent qu'il y a sur la terre un seul pécheur en marche sur le chemin de l'enfer. Ils prient pour eux-mêmes exactement comme ils le font dans le secret, sauf qu'ils associent le reste de l'Église à eux-mêmes, de manière à dire « nous ».

15. De telles personnes prient pour être préparées à la mort bien plus qu'elles ne prient pour être rendues capables de vivre une vie utile.

Elles tiennent davantage à être prêtes à mourir qu'à être prêtes à sauver les pécheurs qui les entourent. Si elles demandent l'Esprit de Dieu, elles le veulent pour les préparer à mourir, plutôt que dans le sens où le psalmiste priait : « J'enseignerai tes voies à ceux qui les transgressent, et les pécheurs reviendront à toi. » Combien d'entre vous sont de ce caractère ? Combien y en a-t-il ici dont les prières sont exactement décrites ?

Un homme dont le grand objectif, l'objectif qui l'absorbe tout entier, serait de faire le bien et de sauver les pécheurs, ne serait pas enclin à penser autant au moment, au lieu ou à la manière de sa mort qu'à la manière de faire le plus de bien possible pendant qu'il vit. Et quant à sa mort, il la laisse tout entière à Dieu, et il n'a pas peur de la remettre tout entière entre ses mains. Il lui a depuis longtemps abandonné son âme, et maintenant la grande question pour lui n'est pas : Quand mourrai-je ? mais : Comment vivrai-je de manière à honorer Dieu ?

16. Ils ont plus peur du châtiment que du péché.

Tout à l'opposé, vous verrez que les vrais amis de Dieu et des hommes ont plus peur du péché que du châtiment. La question n'est pas pour eux : « Si je fais cela, serai-je puni ? » ou : « Si je fais cela, Dieu me pardonnera-t-il ? » La question est celle que posait Joseph : « Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu ? » Voilà l'esprit d'un enfant de Dieu : il avait peur du péché plus que du châtiment, et il avait si peur du péché qu'il ne pensait même pas au châtiment.

Les personnes de cette classe dont je parle se laissent souvent aller au péché si elles peuvent se persuader que Dieu leur pardonnera, ou quand elles pensent pouvoir s'en repentir ensuite. Elles raisonnent souvent ainsi : « Tel pasteur fait cela », ou : « Tel ancien, ou tel croyant de profession, fait cela ; pourquoi ne ferais-je pas de même ? » Un membre de cette Église avait une classe à l'école du dimanche ; mais voyant que d'autres ne prenaient pas de classe, cette personne raisonna ainsi : « Pourquoi le ferais-je plus qu'eux ? », et elle abandonna sa classe. Voilà l'esprit de toute cette catégorie de croyants de profession : « D'autres se tirent d'affaire sans faire telle et telle chose ; pourquoi me donnerais-je la peine d'être meilleur qu'eux ? » Ce n'est pas le péché qu'elles craignent, c'est le châtiment. Elles pèchent, elles le savent, mais elles espèrent échapper au châtiment. Qui ne voit que cela est contraire à l'esprit des vrais amis de Dieu, dont le grand objectif, celui qui les absorbe, est d'ôter du monde le péché, et tout péché ? Ceux-là ont moitié moins peur de l'enfer que de commettre le péché.

17. Ils éprouvent et manifestent plus d'inquiétude pour leur propre salut que si le monde entier allait en enfer.

Un tel croyant de profession, si son espérance commence à faiblir, veut que tout le monde se mette à prier pour lui ; il veut qu'on fasse grand bruit et qu'on mette toute l'Église en mouvement, alors qu'il ne pense jamais à rien faire pour les pécheurs qui l'entourent, et qui sont certainement sur le chemin de l'enfer. Il montre que son esprit est absorbé en lui-même, et que son but principal n'est pas de voir combien de bien il peut faire.

18. Ils aiment mieux recevoir du bien qu'en faire.

Vous pouvez savoir que de telles personnes n'ont pas l'esprit de l'Évangile. Elles ne sont jamais entrées dans l'esprit de Jésus-Christ, quand il a dit : « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. » Celui qui est mû par un véritable amour pour Dieu et pour les hommes jouit de ce qu'il fait au profit des autres bien plus que ceux qui reçoivent ce bien de sa main. Il est réellement bienveillant, et c'est pour lui une satisfaction de témoigner de la bonté, parce que son cœur y est attaché ; et quand il peut le faire, une sainte joie se répand dans son esprit, et il en jouit délicieusement.

L'autre classe est plus avide de recevoir que de communiquer. Ceux-là veulent recevoir l'instruction plutôt que la donner. Ils veulent recevoir de la consolation, mais ne sont jamais prêts à renoncer à eux-mêmes pour apporter aux autres les consolations de l'Évangile. Combien cela est directement contraire à l'esprit de l'Évangile, qui ne cherche qu'à se répandre, chacun peut le voir d'un coup d'œil. Cet esprit trouve son bonheur suprême à communiquer le bonheur aux autres. Mais cette classe de personnes veut mettre tout le monde à contribution pour se procurer du bonheur à elle-même, au lieu de se dépenser pour bénir les autres.

Qui ne connaît ces deux classes de croyants de profession ? L'une cherche toujours des gens à qui faire du bien, l'autre cherche toujours à obtenir du bien pour elle-même. L'une est désireuse de communiquer, l'autre de recevoir. L'une veut faire du bien, l'autre veut en obtenir. Ces deux sortes de caractères sont aussi opposées que la lumière et les ténèbres.

19. Si les croyants de profession de cette classe sont amenés à prier pour la conversion et le salut des autres, vous pouvez remarquer qu'ils sont mus par le même genre de considérations que lorsqu'ils prient pour eux-mêmes.

Ils ont surtout peur de l'enfer pour eux-mêmes, et quand ils sont fortement convaincus, ils ont peur que d'autres y aillent aussi. Ils cherchent le bonheur pour eux-mêmes, et quand leur moi ne fait pas obstacle, ils cherchent le même bonheur pour les autres. Ils prient pour les pécheurs, non pas tant parce qu'ils ont un vif sentiment du mal que représente le péché commis par les pécheurs, que parce qu'ils ont un vif sentiment des terreurs de l'enfer vers lequel les pécheurs s'en vont. Ce n'est pas parce que les pécheurs déshonorent Dieu qu'ils veulent les voir convertis, mais parce qu'ils sont en danger. Leur grand objectif, quand ils prient, est d'assurer la sûreté de ceux pour qui ils prient, de même que leur grand objectif en religion est d'assurer leur propre sûreté. Ils ont pitié d'eux-mêmes et ils ont pitié des autres. S'il n'y avait pas de danger, ils n'auraient aucun motif de prier, ni pour eux-mêmes ni pour les autres.

Les vrais amis de Dieu et des hommes éprouvent eux aussi de la compassion pour les pécheurs, mais ils sont bien plus sensibles encore à l'honneur de Dieu. Ils sont plus affligés de voir Dieu outragé et déshonoré que de voir les pécheurs aller en enfer. Et s'il fallait que Dieu soit à jamais déshonoré ou que les hommes aillent en enfer, aussi certainement qu'ils aiment Dieu par-dessus tout, ils décideront que les pécheurs sombreront dans les tourments éternels plutôt que de voir Dieu privé de l'honneur qui lui est dû. Et ils manifestent leurs vrais sentiments dans leurs prières. Vous les entendez prier pour les pécheurs comme pour des rebelles contre Dieu, des criminels coupables qui méritent la colère éternelle, des ennemis de Dieu et de l'univers ; et tout en étant pleins de compassion pour les pécheurs, ils sentent aussi s'allumer en eux une sainte indignation contre eux, à cause de leur conduite envers le Dieu béni.

20. Les croyants de profession de la classe dont je parle sont très sujets à être tourmentés par des doutes.

Ils sont enclins à parler beaucoup de leurs doutes. C'est une grande partie de leur histoire : le récit détaillé de leurs doutes. Comme la grande affaire, pour eux, est de jouir d'une espérance qui console, dès qu'ils commencent à douter, tout est fini pour eux ; ils font alors grand bruit de leurs doutes, et ensuite ils ne sont disposés à rien faire pour la religion, parce qu'ils ont ces doutes. Quant aux vrais amis de Dieu et des hommes, comme ils sont occupés à faire le bien, si le diable leur suggère à un moment quelconque qu'ils s'en vont en enfer, la première réponse qui leur vient à l'esprit est : « Et quand cela serait ? Que j'arrache seulement des pécheurs du feu pendant que je le peux. » Je suppose que de vrais chrétiens peuvent avoir des doutes. Mais ils sont d'autant moins sujets à en avoir qu'ils sont plus entièrement résolus à sauver les pécheurs. Satan aura beaucoup de peine à faire qu'une Église pleinement engagée dans l'œuvre soit fort troublée par des doutes. Son attention n'est pas là, mais ailleurs, et il ne peut prendre l'avantage sur elle.

21. Ils manifestent un grand malaise devant les appels toujours plus nombreux au renoncement à soi-même pour faire le bien.

Quelqu'un disait : « Où va nous mener cette réforme de la tempérance ? Au début, on s'en prenait seulement aux eaux-de-vie ; j'y ai renoncé, et je m'en suis très bien passé. Puis on nous a demandé de renoncer au vin ; et maintenant on nous demande de renoncer à notre thé, à notre café et au tabac. Où cela s'arrêtera-t-il ? » Les personnes de cette classe sont continuellement dans la détresse parce qu'on leur demande de renoncer à tant de choses. Le bien qu'il y a à faire n'entre pas dans leurs pensées, parce qu'elles sont tout le temps occupées à considérer ce à quoi elles doivent renoncer.

Il est facile de voir pourquoi ces mouvements offensifs contre le royaume des ténèbres affligent de telles personnes. Leur objectif n'a jamais été de rechercher et de bannir de ce monde tout ce qui déshonore Dieu ou fait du tort à l'homme. Elles ne sont jamais entrées dans la religion avec la résolution d'ôter de la terre tout ce qui est de cette nature, autant qu'elles en auraient le pouvoir, et à mesure qu'elles seraient convaincues que cela leur fait du tort, à elles ou aux autres, dans l'âme ou dans le corps. C'est pourquoi elles sont affligées par les mouvements de ceux qui sont vraiment engagés à rechercher et à ôter tout mal.

Ces personnes sont importunées par les appels toujours plus nombreux à donner pour les missions, les Bibles, les traités et autres œuvres semblables. Il fut un temps où, quand un homme riche donnait vingt-cinq dollars par an pour ces choses-là, on estimait qu'il faisait assez bien. Mais maintenant il y a tant d'appels à souscriptions et à collectes qu'elles sont tout le temps au supplice. « Je n'aime pas ces collectes ; je suis opposé à ce qu'on fasse des collectes dans l'assemblée ; je pense qu'elles font du mal. » Elles en veulent tout particulièrement à ces collecteurs. « Je ne sais que penser de ces mendiants qui font leur tournée. » Elles sont obligées de donner continuellement pour garder leur réputation, ou pour conserver la moindre espérance, mais elles en sont fort affligées, et ne savent pas où va le monde, tant les choses en sont venues à un point étrange.

À mesure que vous élevez le niveau général de vie chrétienne dans l'Église, cette classe de croyants de profession s'aperçoit qu'elle doit s'élever elle aussi, de peur que ses espérances ne soient ébranlées. Et le niveau commun des croyants de profession s'est déjà tellement élevé que, je n'en doute pas, il en coûte maintenant à cette classe de personnes quatre fois plus de ce qu'elles appellent la religion pour entretenir une espérance qu'il y a vingt ans. Et que vont-elles devenir s'il doit y avoir tant de nouveaux mouvements, tant de nouvelles mesures, et tant de choses faites pour sauver le monde ? Que le Seigneur leur vienne en aide, car elles sont dans une grande détresse !

22. Quand on leur demande de pratiquer le renoncement à soi-même pour faire le bien, au lieu d'y trouver de l'agrément, ils n'en éprouvent qu'une peine sans mélange.

Un tel homme ne sait rien de la joie du renoncement à soi-même. Il ne peut pas comprendre comment le renoncement peut être agréable, ni comment quelqu'un peut y prendre plaisir, ou avoir de la joie au cœur en renonçant à lui-même pour faire du bien aux autres. C'est là, pense-t-il, une hauteur de la religion à laquelle il n'est pas parvenu. Et pourtant le vrai ami de Dieu et des hommes, dont le cœur est entièrement résolu à faire le bien, ne jouit jamais autant d'aucun argent qu'il dépense que de celui qu'il donne pour faire avancer le royaume de Christ. S'il est vraiment pieux, il sait que c'est là le meilleur usage qu'il puisse faire de son argent. Bien plus, il regrette d'être obligé d'employer de l'argent à autre chose, alors qu'il y a tant d'occasions de faire le bien avec.

Je veux que vous qui êtes ici, vous regardiez bien ceci. Il est facile de voir que, si un homme a vraiment le cœur attaché à quelque chose, tout l'argent qu'il peut épargner pour cet objet lui fait grand plaisir, et que plus il peut retrancher sur le reste pour ce qui lui tient à cœur, plus il est content. Si quelqu'un trouve difficile de donner de l'argent pour les œuvres de la religion, il est facile de voir que son cœur n'y est pas attaché. S'il l'était, il aurait donné son argent avec joie. Que penseriez-vous d'un homme qui s'opposerait à ce qu'on donne de l'argent pour l'avancement de la religion, et qui soulèverait de l'agitation dans l'Église au sujet de la cause des missions et de tant d'appels de fonds, alors qu'il n'aurait jamais donné cinq dollars ? Ce serait la preuve absolue que son cœur n'est pas vraiment attaché à la cause de Christ ; s'il l'était, il donnerait son argent pour elle aussi librement que l'eau, et plus il pourrait en épargner pour elle, plus il serait content.

23. Ces personnes ne sont pas les premières à favoriser les réveils.

Ce n'est pas leur grand objectif. Il faut toujours les traîner à l'œuvre. Quand un réveil a commencé et s'est poursuivi, et que l'agitation est grande, alors ils y viennent et paraissent y être engagés. Mais vous ne les voyez jamais prendre la tête, ni s'élancer en avant des autres en disant au reste des frères : Allons, faisons quelque chose pour le Seigneur.

24. En fait, ils ne convertissent pas de pécheurs à Dieu.

Ils peuvent servir d'instruments pour le bien de diverses manières, et Satan aussi peut servir d'instrument pour le bien. Mais en règle générale, ils n'arrachent pas les pécheurs du feu. Et la raison en est que ce n'est pas là leur grand objectif. Qu'en est-il de vous ? Réussissez-vous réellement à convertir des pécheurs ? Y a-t-il quelqu'un qui vous regardera comme l'instrument de sa conversion ? Si vous étiez vraiment engagés dans cette œuvre, vous ne pourriez pas être en repos sans l'accomplir, et vous vous y mettriez avec tant de sérieux, et avec des prières si pleines d'angoisse, que vous l'accompliriez.

25. Ils ne manifestent pas beaucoup d'affliction quand ils voient le péché.

Ils ne le reprennent pas. Ils aiment se mêler aux scènes où se commet le péché. Ils aiment être là où ils peuvent entendre des conversations frivoles, et même s'y joindre. Ils aiment la compagnie mondaine et les livres mondains. Leur esprit est mondain. Au lieu de haïr jusqu'à la tunique souillée par la chair, ils aiment rôder aux confins du péché, comme s'ils y prenaient plaisir.

26. Ils ne prennent que très peu d'intérêt aux récits publiés de réveils, de missions, etc.

Si quelqu'une des missions est durement éprouvée, ils n'en savent rien et n'en ressentent rien. Si les missions prospèrent, ils ne le savent jamais ; ils n'y prennent aucun intérêt. Très probablement, ils ne sont abonnés à aucun journal religieux. Ou s'ils en reçoivent un, quand ils s'assoient pour le lire et tombent sur un récit de réveil, ils passent outre pour lire les nouvelles profanes, ou la controverse, ou quelque autre chose. L'autre classe, au contraire, les vrais amis de Dieu et des hommes, aiment apprendre les progrès des réveils. Ils aiment lire un journal religieux, et quand ils le prennent, la première chose qu'ils font est de le parcourir des yeux pour trouver où il y a des réveils ; et là ils font de leur âme un festin, et rendent gloire à Dieu. Il en est de même des missions : leur cœur accompagne les missionnaires, et quand ils apprennent que le Seigneur a répandu son Esprit sur une mission, ils sentent un frisson de sainte joie les parcourir.

27. Ils ne visent à rien de plus élevé qu'une religion légale, pénible et négative.

L'amour de Christ ne les presse pas à une guerre constante contre le péché, ni à une vigilance constante pour faire tout le bien qui est en leur pouvoir. Ce qu'ils font, ils le font uniquement parce qu'ils pensent qu'il le faut. Et ils entretiennent une sorte de piété formaliste, sans cœur et sans valeur.

28. Ils ne se joignent qu'à contrecœur à tous les mouvements particuliers de l'Église pour faire le bien.

Si l'on propose des réunions prolongées, vous trouverez en général les personnes de cette classe à la traîne, faisant des objections et soulevant des difficultés aussi longtemps qu'elles le peuvent. Si l'on propose quelque autre effort particulier, elles s'y joignent à contrecœur, et préfèrent la bonne vieille manière. Elles trouvent pénible d'être obligées d'ajouter chaque année tant de choses à leur religion pour conserver leur espérance.

29. Ils ne trouvent pas de joie dans la prière secrète.

Ils ne prient pas dans leur chambre parce qu'ils aiment prier, mais parce qu'ils pensent que c'est leur devoir et qu'ils n'osent pas le négliger.

30. Ils ne trouvent pas de joie dans la Bible.

Ils ne lisent pas la Bible parce qu'elle est douce à leur âme, plus douce que le miel, que celui qui coule des rayons. Ils ne « jouissent » pas de cette lecture comme on jouit des délices les plus exquises. Ils la lisent parce que c'est leur devoir de la lire, et qu'il ne conviendrait pas de faire profession d'être chrétien sans lire la Bible ; mais, en fait, ils trouvent que c'est un livre aride.

31. Ils ne trouvent pas de joie dans les réunions de prière.

Le moindre prétexte les en tient éloignés. Ils n'y vont jamais, à moins de le juger nécessaire pour sauver les apparences ou pour conserver leur espérance. Et quand ils y vont, au lieu que leur âme soit fondue et embrasée d'amour, ils sont froids, apathiques, mornes, et contents quand c'est fini.

32. Ils ont beaucoup de peine à comprendre ce qu'on entend par le désintéressement.

Servir Dieu parce qu'on l'aime, et non pour la récompense, voilà ce qu'ils ne comprennent pas.

33. Leurs pensées ne sont pas anxieusement fixées sur cette question : Quand le monde sera-t-il converti à Dieu ?

Leur cœur n'est pas à l'agonie sous des pensées comme celles-ci : Oh ! jusqu'à quand la méchanceté prévaudra-t-elle ? Oh ! quand ce monde misérable sera-t-il délivré du péché et de la mort ? Oh ! quand les hommes cesseront-ils de pécher contre Dieu ? Ils pensent bien davantage à cette question : Quand mourrai-je, pour aller au ciel et être débarrassé de toutes mes épreuves et de tous mes soucis ?

Mais je vois que je suis encore obligé de remettre l'examen de la dernière classe de croyants de profession à vendredi soir prochain ; nous nous en occuperons alors, si la Providence le permet.

REMARQUES.

1. Vous ne me trouverez pas excessif, je pense, si je dis que la religion que j'ai décrite paraît être celle d'une très grande masse de l'Église.

Pour le moins, il est fort à craindre que la majorité de ceux qui font profession d'être chrétiens ne soient de cette espèce. Dire cela, ce n'est ni manquer de charité ni se poser en censeur.

2. Cette religion est radicalement défectueuse.

Il n'y a rien en elle du vrai christianisme. Elle diffère du christianisme autant que les pharisiens différaient de Christ, autant que la religion de l'Évangile diffère de la religion légale.

Maintenant, permettez-moi de vous demander : à laquelle de ces classes appartenez-vous ? Ou bien n'êtes-vous d'aucune ? Il se peut que, parce que vous avez conscience de ne pas appartenir à la seconde classe, vous pensiez appartenir à la première, alors qu'en fait vous constaterez, quand j'en viendrai à décrire la troisième classe de croyants de profession, que c'est votre vrai caractère que je décris.

Combien il est important que vous sachiez avec certitude quel est votre vrai caractère : si vous êtes mus en religion par un véritable amour pour Dieu et pour les hommes, ou si vous n'êtes religieux que par égard pour vous-mêmes. Oh ! quelle pensée solennelle, si cette Église, dont j'ai été le pasteur, n'était jamais parvenue à trancher en connaissance de cause la question de savoir si ses membres sont ou non les vrais amis de Dieu et des hommes ! Tranchez-la, bien-aimés. C'est maintenant le moment. Tranchez cette question, puis mettez-vous à l'œuvre pour Dieu.

Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026), première en français. Source : Lectures to Professing Christians, Revell, 1878 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).

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