Discours aux chrétiens · Charles G. Finney
Discours 7
La religion de l'opinion
Car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. (Jean 12,43)
Ces paroles ont été dites de certaines personnes qui refusaient de confesser que Jésus était le Christ, parce qu'il était extrêmement impopulaire auprès des scribes, des pharisiens et des notables de Jérusalem.
Il y a une distinction nette entre l'amour de soi, ou simple désir du bonheur, et l'égoïsme. L'amour de soi, le désir du bonheur et la crainte du malheur, appartient à notre constitution ; il fait partie de la nature que Dieu nous a donnée, telle qu'il a voulu que nous soyons ; et le satisfaire dans les limites de la loi de Dieu n'est pas un péché. Dès qu'on le satisfait contrairement à la loi de Dieu, il devient péché. Quand le désir du bonheur ou la crainte du malheur devient le principe qui gouverne tout, et que nous préférons notre propre satisfaction à quelque autre intérêt plus grand, il devient égoïsme. Quand, pour éviter la souffrance ou pour nous procurer du bonheur, nous sacrifions d'autres intérêts plus grands, nous violons la grande loi de la bienveillance désintéressée : ce n'est plus l'amour de soi agissant dans des bornes légitimes, c'est l'égoïsme.
Dans mon dernier discours du vendredi soir, j'ai décrit une catégorie de croyants de profession qui sont poussés à accomplir leurs exercices religieux par l'espérance et par la crainte. Ce qui les meut, c'est tantôt l'amour de soi, tantôt l'égoïsme. Leur but suprême n'est pas de glorifier Dieu, mais d'assurer leur propre salut. Vous vous souvenez que cette catégorie et celle que j'avais décrite auparavant, celle des vrais amis de Dieu et des hommes, s'accordent en bien des choses, et que si vous ne regardez que les choses où elles s'accordent, vous ne pouvez pas les distinguer l'une de l'autre. Ce n'est qu'en observant de près les choses où elles diffèrent que vous pouvez voir que le dessein principal de la seconde n'est pas de glorifier Dieu, mais d'assurer son propre salut. C'est ainsi que nous pouvons voir apparaître leur but suprême, et constater que lorsqu'ils font extérieurement les mêmes choses que ceux dont le but suprême est de glorifier Dieu, ils les font pour des motifs entièrement différents ; et par conséquent les actes eux-mêmes sont, aux yeux de Dieu, d'une nature entièrement différente.
Ce soir, je me propose de montrer les traits caractéristiques de la troisième catégorie de ceux qui font profession d'être chrétiens, ceux qui « aiment la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu ».
Je ne voudrais pas qu'on me comprenne comme si je disais que c'est le simple souci de leur réputation qui a conduit ces gens à faire profession de religion. La religion a toujours été trop impopulaire auprès de la grande masse des hommes pour qu'il soit devenu courant de se déclarer chrétien par simple souci de sa réputation. Mais je veux dire que là où il n'est pas généralement mal vu de faire profession de religion, où cela ne diminue pas la popularité et l'augmente même auprès de beaucoup, un motif mêlé entre en jeu : l'espoir de s'assurer le bonheur dans le monde à venir, et l'idée que cela pourra accroître sa réputation ici-bas. C'est ainsi que beaucoup sont amenés à faire profession de religion, alors qu'après tout, à les examiner de près, on verra que l'objet principal, celui qu'ils estiment au-dessus de tout, c'est la bonne opinion de leurs semblables. Plutôt que de la perdre entièrement, ils ne feraient pas profession de religion. Leur profession tourne autour de cela. Et bien qu'ils déclarent être des chrétiens sincères, vous pouvez voir à leur conduite, en l'examinant de près, qu'ils ne feront rien qui leur fasse perdre cette bonne opinion des hommes. Ils ne s'exposeront pas à la réprobation qu'ils devraient affronter s'ils se donnaient tout entiers à extirper le péché du monde.
Remarquez que les pécheurs impénitents sont toujours poussés par l'une de deux choses dans tout ce qu'ils font qui ressemble à de la religion. Ou bien ils le font par égard pour de simples principes naturels, comme la compassion ou l'amour de soi, principes qui font partie de leur constitution, ou bien ils le font par égoïsme. Ils le font soit par souci de leur propre réputation ou de leur propre bonheur, soit pour satisfaire quelque principe naturel qui est en eux et qui n'a aucun caractère moral ; et non par l'amour de Dieu qui serait en eux. Ils aiment « la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu ».
Je vais maintenant indiquer plusieurs choses auxquelles vous pourrez reconnaître le vrai caractère de la catégorie de personnes dont je parle, ceux qui font de la gloire des hommes leur idole, tout en déclarant aimer Dieu par-dessus tout. Et ce sont des choses auxquelles vous pourrez reconnaître votre propre caractère, s'il se trouve ici des personnes qui appartiennent vraiment à cette catégorie.
1. Ils font ce que l'apôtre Paul dit que faisaient certaines personnes de son temps, raison pour laquelle elles restaient dans l'ignorance de la vraie doctrine : « en se mesurant à leur propre mesure et en se comparant à eux-mêmes ».
Il y a un très grand nombre de gens qui, au lieu de faire de Jésus-Christ leur modèle de comparaison et de la Bible leur règle de vie, ne visent manifestement à rien de tel. Ils montrent qu'ils n'ont jamais sérieusement songé à faire de la Bible leur règle. La grande question, pour eux, est de savoir s'ils en font à peu près autant en religion et s'ils sont à peu près aussi pieux que les autres, ou que les Églises qui les entourent. Leur but est de maintenir une profession de religion respectable. Au lieu de chercher sérieusement par eux-mêmes ce que la Bible exige réellement, et de se demander comment Jésus-Christ agirait dans tel ou tel cas, ils regardent simplement le commun des croyants de profession, et se contentent de faire ce qui est jugé louable à leurs yeux. Ils prouvent de façon démonstrative que leur but n'est pas tant de faire ce que la Bible présente comme un devoir que de faire ce que fait la grande masse des croyants de profession : faire ce qui est respectable, plutôt que ce qui est juste.
2. Cette catégorie de personnes ne se met pas en peine d'élever le niveau de la piété autour d'elle.
Ils ne sont pas troublés de voir que le niveau général de la piété est si bas dans l'Église qu'il est impossible d'amener la grande masse des pécheurs à la repentance. Ils pensent que le niveau actuel est assez élevé. Quel que soit le niveau de l'époque, il les satisfait. Pendant que les vrais amis de Dieu et des hommes se plaignent de l'Église parce que le niveau de la piété est si bas, et s'efforcent de la réveiller pour élever le ton de la religion, tout cela paraît à ces gens être de l'esprit de censure, une humeur indiscrète et inquiète, et le signe d'un mauvais esprit chez ceux qui le font. C'est exactement comme lorsque Jésus-Christ dénonçait les scribes, les pharisiens et les principaux croyants de son temps ; ils disaient : « Il a un démon. » « Voyons, il dénonce nos docteurs en théologie et tous nos meilleurs hommes ; il ose même traiter d'hypocrites les scribes et les pharisiens, et il nous dit que si notre justice ne surpasse la leur, nous n'entrerons point dans le royaume des cieux. Quel mauvais esprit il a ! »
Une grande partie de l'Église aujourd'hui a le même esprit, et tout effort pour ouvrir les yeux de l'Église et pour faire voir aux chrétiens qu'ils vivent si bas, d'une manière si mondaine, si semblable à celle des hypocrites, que l'œuvre du Seigneur ne peut pas avancer, ne fait qu'exciter la malveillance et attirer des reproches. « Oh ! disent-ils, quel mauvais esprit il montre ! Si critique, si dur ! Ce n'est certainement pas là l'esprit doux, bon et aimant du Fils de Dieu. » Ils oublient comment Jésus-Christ a déversé ses anathèmes, de quoi faire trembler les collines de Judée, contre ceux qui avaient la réputation d'être les gens les plus pieux de ce temps-là. Comme si Jésus-Christ n'avait jamais rien dit de sévère à personne, mais s'était contenté de les flatter et de les attirer en douceur dans son royaume ! Qui ne sait que c'est l'esprit hypocrite dont faisaient preuve ceux qui faisaient profession de religion qui soulevait son âme, excitait son indignation et faisait jaillir de lui ces torrents brûlants de reproches ? Il se plaignait sans cesse de ceux-là mêmes qu'on donnait pour modèles de piété ; il les appelait hypocrites, et faisait tonner au-dessus de leurs têtes ces paroles terribles : « Comment échapperez-vous au châtiment de la géhenne ? »
Il n'est pas étonnant, quand tant de gens aiment la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu, que l'on s'agite quand la vérité est dite. Ils sont très contents du niveau de la piété tel qu'il est ; ils pensent que, puisque les gens font tant pour les écoles du dimanche, les missions et les traités, cela va assez bien, et ils se demandent ce que cet homme veut de plus. Hélas ! hélas ! quel aveuglement ! Ils ne semblent pas savoir qu'avec tout cela, la vie de la plupart de ceux qui font profession d'être chrétiens est presque aussi éloignée du modèle de Jésus-Christ que la lumière l'est des ténèbres.
3. Ils font une distinction entre les commandements de Dieu que l'opinion publique impose fortement et ceux qu'elle ne protège pas ainsi.
Ils sont très scrupuleux à observer les commandements que l'opinion publique soutient nettement, tandis qu'ils tiennent aisément pour rien ceux que l'opinion publique n'impose pas. Vous en avez des exemples de tous côtés. Je pourrais citer la réforme de la tempérance. Combien y en a-t-il qui accordent sur ce point à l'opinion publique ce qu'ils n'accorderaient jamais ni à Dieu ni aux hommes ! Au début, ils attendaient de voir quelle tournure prendraient les choses. Ils refusaient de renoncer aux spiritueux. Mais quand ce renoncement est devenu populaire, et qu'ils ont constaté qu'ils pouvaient fort bien s'en passer grâce à d'autres stimulants alcooliques, ils y ont renoncé. Mais ils sont résolus à ne pas céder un pas de plus que l'opinion publique ne les y pousse. Ils montrent que leur but, en entrant dans la société de tempérance, n'est pas de mener la réforme à son terme, de manière à abattre ce monstre qu'est l'intempérance ; leur but est de garder une bonne réputation.
Ils aiment « la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu ».
Voyez combien de gens observent le jour du sabbat, non parce qu'ils aiment Dieu, mais parce que c'est respectable. C'est évident, puisqu'ils l'observent quand ils sont parmi leurs connaissances, ou là où on les connaît. Mais quand ils se trouvent là où on ne les connaît pas, ou là où ce ne serait pas une honte publique, vous les verrez voyager le jour du sabbat.
Tous les péchés que l'opinion publique réprouve, cette catégorie de personnes s'en abstient, mais ils font d'autres choses tout aussi mauvaises que l'opinion ne condamne pas de la même façon. Ils accomplissent les devoirs que l'opinion publique impose, mais non ceux qu'elle impose moins. Ils ne manqueront pas le culte public du dimanche, parce qu'ils ne pourraient garder aucune réputation religieuse s'ils le faisaient. Mais ils négligent des choses qui sont tout aussi expressément ordonnées dans la parole de Dieu. Quand quelqu'un désobéit habituellement à un commandement de Dieu, en sachant que c'en est un, il est aussi certain que son âme est vivante que l'obéissance qu'il paraît rendre ne vient pas du respect de l'autorité de Dieu ni de l'amour pour Dieu, mais d'autres motifs. En réalité, il n'obéit à aucun commandement de Dieu. L'apôtre a tranché cette question : « Quiconque, dit-il, observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous » ; c'est-à-dire qu'il n'observe véritablement aucun précepte de la loi. L'obéissance aux commandements de Dieu suppose un cœur disposé à obéir ; c'est pourquoi rien n'est obéissance qui ne suppose un respect suprême de l'autorité de Dieu. Or, si le cœur d'un homme est droit, tout ce que Dieu ordonne a pour lui plus d'importance que toute autre chose. Et si un homme fait passer quoi que ce soit avant l'autorité de Dieu, c'est là son idole. Ce que nous estimons par-dessus tout, c'est cela notre dieu : que ce soit la réputation, le confort, la richesse, les honneurs, ou quoi que ce soit que nous regardions par-dessus tout, voilà le dieu de notre cœur. Quelle que soit la raison pour laquelle un homme néglige habituellement une chose qu'il sait être un commandement de Dieu, ou qu'il voit être nécessaire à l'avancement du royaume de Christ, il est démontré absolument que c'est cette raison-là qu'il tient pour suprême. Il n'y a rien d'agréable à Dieu dans aucun de ses services. Soyez-en sûrs, toute sa religion est la religion de l'opinion publique. S'il néglige une chose que la loi de Dieu exige parce qu'il peut la négliger sans dommage et que l'opinion publique ne l'impose pas, ou s'il fait d'autres choses contraires à la loi de Dieu simplement parce que l'opinion publique les exige, c'est un simple fait : c'est à l'opinion publique qu'il obéit dans toute sa conduite, et non au souci de la gloire de Dieu.
Qu'en est-il de vous, bien-aimés ? Négligez-vous habituellement un commandement de Dieu parce qu'il n'est ni soutenu ni imposé par l'opinion publique ? Si vous faites profession de religion, il faut présumer que vous ne négligez aucun commandement fortement appuyé par l'opinion publique. Mais qu'en est-il des autres ? Ne négligez-vous pas habituellement certains devoirs ? Ne vivez-vous pas dans certaines pratiques estimées des hommes, que vous savez contraires à la loi de Dieu ? Si c'est le cas, il est démontré absolument que vous faites plus de cas de l'opinion des hommes que du jugement de Dieu. Inscrivez votre nom : hypocrite.
4. Cette catégorie de croyants de profession est portée à se permettre, loin de chez elle, certains péchés qu'elle ne commettrait pas chez elle.
Plus d'un homme qui est sobre chez lui, dès qu'il est au loin, avalera d'un trait son verre d'eau-de-vie coupée d'eau à table, ou s'approchera du comptoir d'un bateau à vapeur pour demander à boire sans aucune honte ; ou bien, s'ils sont en Europe, ils iront au théâtre. Quand j'étais en Méditerranée, à Messine, un monsieur me demanda si je voulais aller au théâtre avec lui. « Quoi ! moi, aller au théâtre ? Un ministre de l'Évangile aller au théâtre ? » « Mais, me dit-il, vous êtes loin de chez vous, et personne n'en saurait rien. » « Mais Dieu ne le saurait-il pas ? » Il était clair qu'il pensait que, tout ministre que j'étais, je pouvais aller au théâtre quand j'étais loin de chez moi. Peu importait que Dieu le sache, pourvu que les hommes ne le sachent pas. Et comment aurait-il pu avoir cette idée, sinon en voyant des ministres qui faisaient justement ce genre de choses ?
5. Un autre trait qui révèle le caractère de ces personnes, c'est qu'elles se permettent des péchés secrets.
Je parle maintenant de quelque chose à quoi vous pouvez vous reconnaître vous-mêmes. Si vous vous permettez en secret certains péchés, quand vous pouvez le faire sans qu'aucun être humain le sache, sachez que Dieu le voit, et qu'il a déjà inscrit votre nom : hypocrite. Vous avez plus peur de la honte aux yeux des mortels que de la honte aux yeux de Dieu. Si vous aimiez Dieu par-dessus tout, ce serait peu de chose pour vous que n'importe qui, et même tout le monde, connaisse vos péchés, en comparaison du fait qu'ils soient connus de Dieu. Si vous étiez tentés de faire une chose pareille, vous vous écrieriez : « Quoi ! commettrai-je le péché sous l'œil de Dieu ? »
6. Ils se permettent en secret de manquer à des devoirs, et n'oseraient pas que les autres le sachent.
Ils ne pratiquent peut-être aucun péché secret, et ne se livrent peut-être pas à ces souillures secrètes dont on parle ; mais ils négligent des devoirs dont la négligence, si on la connaissait, passerait pour déshonorante pour leur caractère chrétien. La prière secrète, par exemple. Ils iront à la table de communion, oui, à la table de communion ! et paraîtront très pieux le dimanche, et pourtant ils ignorent tout de la piété personnelle. Leur lieu de prière secrète est inconnu de Dieu et des hommes. Il est facile de voir que la réputation est leur idole. Ils redoutent de perdre leur réputation plus que d'offenser Dieu.
Qu'en est-il de vous ? Est-il vrai que vous omettez habituellement ces devoirs secrets, et que vous mettez plus de soin à accomplir vos devoirs publics que vos devoirs privés ? Alors quel est votre caractère ? Avez-vous besoin qu'on vous le dise ? « Ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. »
7. La conscience de cette catégorie de personnes semble formée sur d'autres principes que ceux de l'Évangile.
Ils semblent avoir une conscience pour les choses populaires, et aucune conscience pour les choses que l'opinion publique n'exige pas. Vous pouvez leur prêcher leur devoir aussi clairement que vous voudrez, le leur prouver aussi nettement que possible, et même leur faire avouer que c'est leur devoir : tant que l'opinion publique ne l'exige pas et que leur réputation n'est pas en jeu, ils continueront comme avant. Montrez-leur un « Ainsi parle l'Éternel », faites-leur voir que leur conduite est manifestement incompatible avec la perfection chrétienne et contraire aux intérêts du royaume de Christ, ils ne changeront pas pour autant. Ils font voir clairement que ce n'est pas l'exigence de Dieu qu'ils respectent, mais l'exigence de l'opinion publique. Ils aiment la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu.
8. Cette catégorie de personnes redoute généralement beaucoup l'idée de passer pour fanatique.
Ils ignorent, dans la pratique, un premier principe de la religion : le monde entier est dans l'erreur ! L'opinion publique du monde est tout entière contre Dieu, et quiconque veut servir Dieu doit d'abord faire front contre l'opinion publique du monde. Ils doivent tenir pour acquis que, dans un monde de rebelles, l'opinion publique est dans l'erreur aussi sûrement qu'il y a un procès avec Dieu. Leurs yeux ne se sont jamais ouverts à cette vérité fondamentale : le monde est dans l'erreur, et les voies de Dieu sont directement opposées aux siennes. Par conséquent, il est vrai, et il a toujours été vrai, que « tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés ». On les traitera de fanatiques, de superstitieux, d'ultras, et ainsi de suite. Il en a toujours été ainsi, et il en sera toujours ainsi, tant que le monde sera dans l'erreur.
Mais cette catégorie de personnes n'ira jamais plus loin que ne le permettent les opinions des hommes du monde. Ils disent qu'ils doivent faire ceci et cela pour avoir de l'influence sur ces hommes-là. Tout à l'opposé se trouve la conduite des vrais amis de Dieu et des hommes. Leur but principal est de renverser l'ordre du monde, de bouleverser le monde, d'amener tous les hommes à obéir à Dieu, de rendre toutes les opinions des hommes conformes à la parole de Dieu, et de mettre tous les usages et toutes les institutions du monde en accord avec l'esprit de l'Évangile.
9. Ils tiennent beaucoup à se faire des amis des deux côtés.
Ils prennent toujours le juste milieu. Ils évitent d'un côté la réputation d'être justes à l'excès, et de l'autre celle d'être relâchés ou irréligieux. Depuis des siècles, il en est ainsi : on pouvait garder une profession de religion respectable sans jamais être traité de fanatique. Et le niveau est encore si bas que probablement la grande masse des Églises protestantes s'efforce d'occuper ce terrain intermédiaire. Ils entendent avoir des amis des deux côtés. On ne les range ni parmi les réprouvés d'un côté, ni parmi les fanatiques ou les sectaires de l'autre. Ce sont des « chrétiens à la mode » ! On peut les appeler chrétiens à la mode pour deux raisons. L'une est que leur genre de religion est populaire et à la mode ; l'autre, qu'ils suivent généralement les modes du monde. Leur but, en religion, est de ne rien faire qui rebute le monde. Peu importe ce que Dieu exige, ils sont résolus à être assez prudents pour ne pas s'attirer la censure du monde ni offenser les ennemis de Dieu. Ils ont manifestement plus d'égards pour les hommes que pour Dieu. Et s'ils se trouvent un jour dans une situation où ils doivent soit faire ce qui déplaira à leurs amis et à leurs voisins, soit offenser Dieu, ils offenseront Dieu. Si l'opinion publique se heurte aux commandements de Dieu, ils céderont à l'opinion publique.
10. Ils en feront plus pour gagner l'approbation des hommes que pour gagner l'approbation de Dieu.
Cela ressort de ce qu'ils n'obéissent qu'aux commandements de Dieu qui sont soutenus par l'opinion publique. Bien qu'ils ne veuillent pas pratiquer le renoncement pour gagner l'approbation de Dieu, ils pratiqueront un grand renoncement pour gagner l'approbation des hommes. Ceux qui ont renoncé aux spiritueux parce que l'opinion publique le rendait nécessaire renonceront aussi au vin, dès qu'une opinion publique assez puissante l'exigera ; et pas avant.
11. Ils tiennent davantage à savoir ce que les hommes pensent d'eux qu'à savoir ce que Dieu pense d'eux.
Si l'un d'eux est ministre et prêche un sermon, il tient davantage à savoir ce que les gens en ont pensé qu'à savoir ce que Dieu en a pensé. Et s'il fait quelque chose qui ressemble à un échec, la honte qu'il en a devant les hommes le blesse dix fois plus que la pensée d'avoir déshonoré Dieu ou entravé le salut des âmes. Il en va de même d'un ancien ou d'un membre d'Église de cette catégorie. S'il prie dans une réunion, ou s'il exhorte, il se préoccupe davantage de savoir ce qu'on en pense que de savoir si Dieu en est satisfait.
Si l'on découvre chez un tel homme quelque péché secret, il en est bien plus affligé parce qu'il est déshonoré que parce que Dieu est déshonoré. Ou s'il tombe dans un péché public, quand on vient lui en parler, il se soucie deux fois plus de la honte que du péché lui-même.
Ils se soucient davantage de leur apparence aux yeux du monde qu'aux yeux de Dieu. Les femmes de ce caractère, quand elles vont à l'église, se préoccupent bien plus de l'apparence que leur corps aura aux yeux des hommes que de l'apparence que leur cœur aura aux yeux de Dieu. Une telle femme passera toute la semaine à tout mettre en ordre pour que sa personne paraisse à son avantage, et ne passera peut-être pas une demi-heure dans sa chambre à préparer son cœur pour paraître devant Dieu dans ses parvis. Tout le monde peut voir d'un coup d'œil ce qu'est cette religion, dès qu'on la met en lumière. Personne n'est embarrassé pour dire quel est le nom de cet homme ou de cette femme : c'est hypocrite. Ils entreront dans la maison de Dieu le cœur noir comme minuit, tandis que tout dans leur apparence extérieure est convenable et décent. Ils doivent faire bonne figure aux yeux des hommes, peu importe l'état de cette partie d'eux-mêmes sur laquelle Dieu fixe son regard. Le cœur peut être sombre, en désordre et souillé, cela leur est égal, pourvu que l'œil de l'homme ne découvre aucune tache.
13. Ils refusent de confesser leurs péchés de la manière qu'exige la loi de Dieu, de peur de perdre leur réputation auprès des hommes.
Si on leur demande un jour de confesser plus qu'ils ne jugent compatible avec leur réputation, ils sont plus inquiets de savoir comment cela touchera leur caractère que de savoir si Dieu est satisfait.
Sondez vos cœurs, vous qui avez fait des confessions, et voyez ce qui occupe le plus votre esprit : la question de savoir ce que Dieu en a pensé, ou ce que les hommes en ont pensé. Avez-vous refusé de confesser ce que vous saviez que Dieu exigeait, parce que cela nuirait à votre réputation auprès des hommes ? Dieu ne jugera-t-il pas vos cœurs ? Soyez seulement honnêtes maintenant, et que la réponse soit donnée.
13. Ils céderont à la coutume en des choses qu'ils savent nuisibles à la cause de la religion et au bien des hommes.
On en trouve un exemple frappant dans la manière de célébrer le jour de l'an. Qui ne sait que la façon habituelle de célébrer le jour de l'an, en sortant le vin, les gâteaux fins et les réceptions coûteuses, et en passant la journée comme on le fait, est un gaspillage d'argent, nuit à la santé, et fait du tort à l'âme de ceux qui s'y livrent et aux intérêts de la religion ? Et pourtant ils le font. Viendra-t-on nous dire que des gens qui font cela tout en sachant que c'est nuisible aiment Dieu par-dessus tout ? Peu m'importe qui entreprend de défendre une telle coutume : elle est mauvaise, et tout chrétien doit le savoir. Et ceux qui s'y obstinent alors qu'ils savent mieux démontrent que le respect suprême de Dieu n'est pas leur règle de vie.
14. Ils feront, pour obéir à l'opinion publique, des choses d'un caractère douteux, ou des choses dont ils doutent fortement qu'elles soient permises.
Vous vous souvenez que le soir du premier jour de l'année j'ai traité ce sujet, et que j'ai montré que ceux qui font des choses d'un caractère douteux, dont ils ne sont pas convaincus qu'elles soient permises, sont condamnés pour cela aux yeux de Dieu.
15. Ils ont souvent « honte » de faire leur devoir, et si honte qu'ils ne le font pas.
Or, quand quelqu'un a tellement honte de faire ce que Dieu exige qu'il ne le fait pas, il est clair que sa propre réputation est son idole. Combien en trouvez-vous qui ont honte de reconnaître Jésus-Christ, honte de reprendre le péché, en haut lieu comme en bas lieu, et honte de parler franchement quand la religion est attaquée ! S'ils faisaient passer Dieu avant tout, pourraient-ils jamais avoir honte de faire leur devoir ? Supposez qu'on calomnie la femme d'un homme : aurait-il honte de défendre sa femme ? Nullement. Si l'on maltraitait ses enfants, aurait-il honte de prendre leur parti ? Pas s'il les aimait ; ce n'est pas la honte qui l'empêcherait de défendre sa femme ou ses enfants. Si un homme était favorable à l'administration du gouvernement de son pays et qu'il l'entende calomnier, aurait-il honte de le défendre ? Il pourrait juger inopportun de parler, pour d'autres raisons ; mais s'il était un vrai ami du gouvernement, il n'aurait « honte » nulle part de parler en sa faveur.
Or les personnes dont je parle ne prendront pas résolument position quand elles se trouvent parmi les ennemis de la vérité, là où elles s'exposeraient au mépris en le faisant. Elles sont très hardies pour la vérité quand elles sont parmi ses amis, et font grand étalage de leur courage. Mais quand vient l'épreuve, elles vendront le Seigneur Jésus-Christ, ou le renieront devant ses ennemis et l'exposeront à l'ignominie, plutôt que de reprendre le mal ou de parler franchement pour sa cause parmi ses ennemis.
16. Ils s'opposent à tout empiétement sur leurs complaisances envers eux-mêmes qu'amène un surcroît de lumière sur les questions pratiques.
Ils sont très dérangés par toute proposition nouvelle qui puise dans leur bourse ou qui vient troubler leurs habitudes de complaisance envers eux-mêmes. Vous pouvez en parler et prêcher en sa faveur autant qu'il vous plaira, il n'y a qu'une seule manière d'atteindre ce genre de personnes : c'est de créer une nouvelle opinion publique. Quand vous aurez gagné, par la force de la bienveillance et de la conscience, un nombre suffisant de gens dans la population pour créer une opinion publique favorable, alors ils adopteront vos nouvelles propositions, et pas avant.
17. Ils sont toujours affligés de ce qu'ils appellent « l'ultraïsme » de notre temps.
Ils ont grand-peur que l'ultraïsme du temps présent ne détruise l'Église. Ils disent que nous poussons les choses trop loin et que nous allons provoquer une réaction. Prenez par exemple la réforme de la tempérance. Les vrais amis de la tempérance savent maintenant que l'alcool est la même chose partout où il se trouve, et que pour sauver le monde et bannir l'intempérance, il est nécessaire de bannir l'alcool sous toutes ses formes. L'épreuve décisive de la réforme de la tempérance n'a pas encore été tranchée. La masse de la population n'a jamais encore été appelée à aucun renoncement pour cette cause. Le point où le bât blessera, c'est quand se posera la question de savoir si les hommes consentiront à se renoncer eux-mêmes pour écraser le mal. S'ils peuvent continuer à boire du vin et de la bière, ce n'est pas un renoncement que d'abandonner les spiritueux. Ce n'est que changer la forme sous laquelle on prend l'alcool, et ils peuvent boire aussi librement qu'avant. Bien des amis de la cause, en voyant les foules qui s'y précipitaient, étaient prêts à crier victoire. Mais la vraie question n'a pas encore été mise à l'épreuve. Et des multitudes ne céderont jamais tant que les amis de Dieu et des hommes ne pourront pas former une opinion publique assez forte pour ruiner la réputation de quiconque refusera d'y renoncer. Vous trouverez beaucoup de docteurs en théologie et de colonnes de l'Église, qui ont les moyens de boire leur vin, qui tiendront bon ; et aucun commandement de Dieu, aucune exigence de la bienveillance, aucun désir de sauver des âmes, aucune pitié pour l'humanité qui saigne ne fera bouger ces gens-là, tant que vous ne pourrez pas former une opinion publique assez puissante pour les y contraindre sous peine de perdre leur réputation. Car ils aiment la gloire des hommes.
Et c'est aujourd'hui une question dans mon esprit, un doute grave et angoissé, de savoir si, dans l'état actuel de faiblesse de la piété et de déclin des réveils dans l'Église, on pourra former une opinion publique assez puissante pour y parvenir. Sinon, nous serons repoussés en arrière. La réforme de la tempérance, comme une digue de sable, sera emportée, les vannes s'ouvriront de nouveau, et le monde ira en titubant jusqu'en enfer. Et pourtant des milliers de croyants de profession, qui veulent jouir de la considération publique tout en se faisant plaisir à leur façon, crient comme s'ils étaient en détresse devant l'ultraïsme de notre temps !
18. Ils s'opposent souvent à des hommes, à des méthodes et à des choses tant que ceux-ci sont impopulaires et exposés au mépris ; et quand ils deviennent populaires, ils s'y rallient.
Qu'un homme parcoure les Églises d'une région et les réveille en vue d'un réveil religieux : tant qu'il est peu connu, ces gens-là ne se font pas prier pour parler contre lui. Mais qu'il continue et qu'il gagne de l'influence, et ils se rallieront à lui, le loueront et se diront ses meilleurs amis. Il en fut exactement ainsi pour Jésus-Christ. Avant sa mort, il jouissait d'une certaine popularité. Des foules le suivaient quand il passait dans les rues et criaient : « Hosanna ! Hosanna ! » Mais remarquez qu'ils ne l'auraient jamais suivi d'un pas plus loin que sa popularité ne le suivait. Dès qu'il fut arrêté comme un criminel, ils se retournèrent tous et se mirent à crier : « Crucifie, crucifie-le ! »
Cette catégorie de personnes, de même qu'elle suit le courant dans un sens quand un homme est décrié, le suit dans l'autre sens quand il vient à être honoré. Il n'y a qu'une exception : c'est quand ils se sont tellement engagés dans l'opposition qu'ils ne peuvent pas revenir sans se déshonorer. Alors ils se taisent, jusqu'à ce que se présente une autre occasion de laisser échapper les feux brûlants qui couvent en eux.
Très souvent, quand un réveil commence dans une Église, certains membres de cette Église s'y opposent. Ils n'aiment pas que de telles choses se fassent ; ils craignent qu'il n'y ait trop d'excitation des sens, et ainsi de suite. Mais l'œuvre avance, et au bout de quelque temps ils semblent se rallier et suivre la foule. Enfin le réveil prend fin, l'Église se refroidit de nouveau, et bientôt vous verrez ces gens-là reprendre leur opposition à l'œuvre ; à mesure que l'Église décline, ils pressent leur opposition, et finissent peut-être par amener l'Église elle-même à prendre position contre le réveil même dont ils avaient tant joui. C'est exactement ainsi que certains ont agi à l'égard des réveils dans ce pays. Les cas de ce genre sont nombreux. Ils étaient intimidés par l'opinion publique et contraints de s'incliner devant le réveil tant qu'il était dans sa force ; mais peu à peu, à mesure que le réveil décline, ils commencent à laisser paraître l'opposition qui est dans leur cœur, et qu'ils avaient contenue un temps parce que le réveil était populaire.
Il en a été de même, dans une certaine mesure, à l'égard de la cause des missions ; et s'il survenait quelque chose de défavorable aux missions, qui brise la puissance actuelle de l'opinion publique en leur faveur, vous verriez bon nombre de ces partisans des beaux jours passer à l'opposition.
19. Si l'on propose une mesure pour faire avancer la religion, ils sont très sensibles et très scrupuleux pour qu'on ne fasse rien d'impopulaire.
S'ils vivent dans une ville, ils se demandent ce que les autres Églises penseront d'une telle mesure. Et si elle risque d'attirer le blâme sur leur Église ou sur leur pasteur aux yeux des impies ou aux yeux des autres Églises, ils en sont affligés. Peu importe le bien qu'elle fera ou le nombre d'âmes qu'elle sauvera, ils ne veulent pas qu'on fasse quoi que ce soit qui nuise à la respectabilité de leur Église.
20. Cette catégorie de personnes ne cherche jamais à former une opinion publique en faveur d'une piété parfaite.
Les vrais amis de Dieu et des hommes cherchent toujours à former l'opinion publique, et à la corriger sur tous les points où elle se trompe. Ils sont résolus, de tout leur cœur, à rechercher tous les maux du monde, à réformer le monde et à chasser l'iniquité de la terre. L'autre catégorie suit toujours l'opinion publique telle qu'elle est, tâtant le sens du courant pour aller dans la même direction, et reculant devant tout ce qui va à l'encontre de l'opinion publique. Et ils sont prêts à taxer d'imprudence ou de témérité tout homme et toute chose qui entreprend de remonter le courant de l'opinion publique et de le faire tourner dans l'autre sens.
REMARQUES.
1. Il est facile de se faire un mérite de ses péchés, et de se persuader que certaines choses sont des actes de piété, alors qu'elles ne sont en réalité que des actes d'hypocrisie.
Ils font les choses qui relèvent extérieurement de la piété, et ils s'attribuent le mérite d'être pieux, alors que leurs motifs sont tous corrompus et creux, et qu'aucun ne procède d'un respect suprême de l'autorité de Dieu. Cela ressort de ce qu'ils ne font rien, sauf là où les commandements de Dieu sont appuyés par l'opinion publique. À moins que vous ne visiez à faire tout votre devoir et à obéir en toutes choses, la piété dont vous vous attribuez le mérite n'est que pure hypocrisie, et elle est en réalité un péché contre Dieu.
2. Il y a dans l'Église beaucoup plus de piété apparente que de piété réelle.
Il y a bien des choses que les pécheurs croient bonnes, mais qui sont abominables aux yeux de Dieu.
4. Sans l'amour de la réputation et la crainte de la honte, combien y en a-t-il dans l'Église qui tomberaient dans une apostasie ouverte !
Combien y en a-t-il ici, qui savent qu'ils tomberaient dans des vices déclarés, n'étaient les freins de l'opinion publique, la crainte de la honte et le désir de se faire un mérite de la vertu ? Quand une personne est vertueuse par respect de l'autorité de Dieu, que l'opinion publique lui soit favorable ou qu'elle la désapprouve, c'est là la vraie piété. Sinon, ils reçoivent leur récompense. Ils le font pour obtenir l'estime des hommes, et ils l'obtiennent. Mais s'ils attendent quelque faveur de la main de Dieu, ils seront assurément déçus. La seule récompense qu'il accordera à de tels hypocrites égoïstes, c'est d'être damnés.
Et maintenant je voudrais savoir combien d'entre vous vont se résoudre à faire leur devoir, et tout leur devoir, selon la volonté de Dieu, quelle que soit l'opinion publique. Qui d'entre vous consentira à prendre la Bible pour règle et Jésus-Christ pour modèle, et à faire ce qui est juste en toutes circonstances, quoi que les hommes puissent dire ou penser ? Quiconque n'est pas disposé à prendre cette position doit se considérer comme étranger à la grâce de Dieu. Il n'est nullement dans un état de justification. S'il n'est pas résolu à faire ce qu'il sait être juste, quelle que soit l'opinion publique, c'est la preuve formelle qu'il aime la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu.
Et permettez-moi de dire aux pécheurs impénitents ici présents : vous voyez ce que c'est que d'être chrétien. C'est être gouverné en toutes choses par l'autorité de Dieu, et non par l'opinion publique ; c'est vivre, non d'espérances et de craintes, mais d'une consécration suprême de soi-même à Dieu. Vous voyez que si vous voulez être religieux, il vous faut calculer la dépense. Je ne vous flatterai pas. Je n'essaierai jamais de vous amadouer pour vous rendre religieux en vous cachant la vérité. Si vous voulez être chrétiens, il vous faut vous donner entièrement à Christ. Vous ne pouvez pas vous laisser porter jusqu'au ciel sur les vagues de l'opinion publique. Je ne vous tromperai pas sur ce point.
Demandez-vous, pécheur, ce qu'il adviendra de tous ces croyants de profession qui se conforment au monde et qui aiment la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu ? Je réponds : ils iront en enfer, avec vous et avec tous les autres hypocrites. Aussi certainement que l'amour du monde est inimitié contre Dieu.
C'est pourquoi, sortez du milieu d'eux, mon peuple, et séparez-vous, et je vous accueillerai, dit le Seigneur ; je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles. Et maintenant, qui le fera ? Dans l'Église et parmi les pécheurs, qui le fera ? Qui ? Qui est pour l'Éternel ? Qui veut dire : « Nous ne suivrons plus la multitude pour faire le mal, mais nous sommes résolus à faire la volonté de Dieu en toutes choses, quelles qu'elles soient, et que le monde pense ou dise de nous ce qu'il voudra » ? Vous tous qui êtes maintenant disposés à le faire, vous le montrerez en vous levant à votre place devant l'assemblée, puis vous vous mettrez à genoux pendant qu'on priera Dieu d'accepter et de sceller votre alliance solennelle d'obéir désormais à Dieu en toutes choses, dans la mauvaise comme dans la bonne réputation.
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026), première en français. Source : Lectures to Professing Christians, Revell, 1878 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).