Et on viendra de
loin. Comme Aggée avait annoncé (2.7-8) que, d'entre toutes les nations, on
viendrait à cette maison, qui serait ainsi glorifiée par l'argent et
l'or de toutes les nations, Zacharie voit, dans cette mission des
Juifs éloignés, un gage de la participation future de tous les peuples
à la construction du vrai temple de l'Eternel à laquelle présidera le
Messie, versets 12 et 13. Cela nous rappelle les promesses de Michée
et d'Esaïe annonçant l'arrivée dans la Sion glorifiée de tous les
peuples avides de l'enseignement de l'Eternel. Comparez Esaïe 2.1-22 ; Michée 4.1-8 ; Zacharie 1.17. Et, en
effet, une notion aussi élevée que celle qui vient d'être donnée de la
personne du Messie a pour corrollaire l'idée d'un règne qui déborde
bien au-delà des limites de la nationalité israélite et qui embrasse
le monde entier.
Vous saurez que l'Eternel des
armées m'a envoyé. Vous reconnaîtrez, quand cela arrivera, que
j'ai été auprès de vous un vrai prophète de l'Eternel.
Et cela sera si... Ces derniers mots rappellent que
les promesses de l'Eternel, tout en étant irrévocables, puisqu'elles
doivent nécessairement finir par s'accomplir, sont cependant
conditionnelles, puisque le mode de leur accomplissement dépend de la
fidélité humaine. L'exemple des Juifs l'a bien montré, et le montre
encore.
Plusieurs interprètes ont pensé que l'acte symbolique
ici décrit, de même que ceux qui sont racontés dans les deux premiers
chapitres d'Osée et beaucoup d'autres (Ezéchiel, Jérémie), ne
s'étaient passés que dans l'intuition prophétique. Mais ce qui empêche
d'accepter cette manière de voir, c'est l'opposition établie par le
préambule (verset 9) entre les visions précédentes et l'acte décrit
ici. Il serait assez étrange que Zacharie pût parler de la couronne et
des noms qui y étaient attachés, comme d'un mémorial, si le tout ne
s'était passé que dans le domaine spirituel. Rien, ici, ne s'oppose à
l'interprétation littérale du récit.
Coup
d'il général sur les six premiers chapitres.
Le point
de départ de ces visions est le contraste frappant qui, après le
retour de l'exil, existait entre l'état misérable du peuple dans le
présent et la gloire qui lui avait été promise par les anciens
prophètes. L'ébranlement général des nations, annoncé par Aggée et qui
devait être le signal du relèvement d'Israël, se faisait attendre, car
les nations n'étaient pas mûres encore pour le jugement. C'est ce
qu'annoncent les cavaliers qui viennent de parcourir la terre, et ce
qui fait dire à l'ange de l'Eternel : Jusques à
quand, ô Eternel ? Ainsi sont provoquées les paroles
d'encouragement par lesquelles l'Eternel répond à ce divin
intercesseur (première vision).
Cependant, les nations
n'échapperont pas à leur jugement : Dieu leur a déjà trouvé des
vainqueurs (deuxième vision).
Quant à Jérusalem, elle grandira comme une ville ouverte de toutes parts, car les nations y afflueront, et elles s'attacheront à l'Eternel qui sera pour Sion une muraille de feu (troisième vision).
Mais pour que cet avenir destiné à Jérusalem se réalise, il faut d'abord qu'un sacerdoce purifié s'exerce dans son sein, puis, que ce sacerdoce renouvelé obtienne son couronnement en la personne du serviteur appelé Germe, qui ôtera en un jour l'iniquité de la terre (quatrième vision).
Il faut encore qu'une royauté tirant sa force du Saint-Esprit travaille à relever le peuple et à faire d'Israël rempli de l'Esprit de Dieu la lumière du monde (cinquième vision).
Mais si Israël s'abandonnait de nouveau à ses souillures et à ses iniquités, il serait de nouveau, individus et peuple, châtié sans miséricorde (sixième et septième vision).
En attendant, les jugements de Dieu vont commencer à s'exécuter sur les peuples, en commençant par Babylone (huitième vision).
L'acte symbolique qui couronne ces visions montre le terme glorieux auquel doivent aboutir toutes ces lignes de la perspective prophétique : la personne du Messie réalisant simultanément la représentation du peuple devant Dieu, comme sacrificateur, et celle de Dieu devant le peuple, comme roi, et cela non seulement pour Israël, mais pour toute l'humanité croyante.
Un tel ensemble est-il l'uvre de l'esprit de l'homme ou de l'Esprit de Dieu ? Y a-t-il ou non révélation ?