C'est lui qui bâtira. Cette parole est répétée pour bien accentuer l'idée qu'il n'appartient ni à Zorobabel, ni à Jéhosua, mais au Messie seul d'exécuter ce travail nouveau.
C'est lui qui portera les insignes. C'est lui qui sera le sacrificateur réellement digne d'être couronné comme roi. Le prophète oppose le Messie à Jéhosua, qui ne porte les insignes royaux que typiquement et pour un jour.
Le mot hôd, traduit par majesté royale, désigne en général la splendeur, la magnificence de la royauté (Psaumes 21.6 ; Daniel 11.21).
Il sera assis en dominateur : C'est-à-dire en sa fonction de roi.
Et il sera sacrificateur sur son trône. En même temps qu'il accomplira son office royal, il continuera à exercer la fonction de sacrificateur. Cette pensée est, au fond, la même que celle d'Esaïe 53.11-12, où le serviteur de Jéhova, élevé parmi les grands, partageant le butin avec les puissants, porte les iniquités de son peuple et intercède pour les pécheurs. On a essayé de donner à ces mots ce sens : Il y aura un sacrificateur sur son trône, au temps où le rejeton de David (qui ne serait autre que Zorobabel lui-même) possédera la dignité royale... c'est-à-dire que Zorobabel, comme roi, aura Jéhosua, le grand-sacrificateur, pour collaborateur (voir Steeg, le Messie, page 92) ; mais les verbes au futur prouvent qu'il s'agit d'un personnage à venir. C'est ce qui ressort, d'ailleurs, du nom de Germe, si nous comparons 3.9, où ce personnage est expressément distingué de Jéhosua qui n'en est que le type. De plus, quand un sacrificateur israélite a-t-il jamais été assis sur un trône ? Enfin, il n'est évidemment question, dans tout le passage, que d'un seul sujet comme réunissant les deux charges dont les insignes sont maintenant attribués simultanément à Jéhosua.
Entre eux deux : le sacrificateur et le roi, le chef religieux et le chef temporel du peuple de Dieu, actuellement réunis en une seule et même personne.
Un conseil de paix. On peut comprendre ces mots dans ce sens : L'antagonisme des deux perdra toute raison d'être ; la sacrificature sera l'auxiliaire de la royauté et la royauté celui de la sacrificature. Toutes deux concourront en parfaite harmonie à conduire le peuple de Dieu à sa destination. Mais comme l'histoire d'Israël n'offre aucun exemple d'une lutte entre ces deux charges, il est plus naturel d'expliquer les mots en question dans ce sens que toutes les décisions du Messie comme roi et sacrificateur n'auront d'autre but que la paix de son peuple.