C'est Dieu lui-même qui conduit les nations à
cette dernière guerre contre son peuple, afin d'achever la
purification de celui-ci et de consommer le jugement de
celles-là. Comparez Joël 3.2.
La moitié de la ville. Cette proportion diffère de
celle qui avait été, indiquée 13.8, parce
qu'il ne s'agit point du même événement. Là était décrite la ruine qui
a suivi le meurtre du Messie, quarante ans après ; ici, il s'agit d'un
événement encore futur à cette heure. Ceux qui admettent que cette
prophétie a été prononcée dans les derniers temps du royaume de Juda,
doivent l'appliquer à la destruction de Jérusalem par
Nébucadnetsar. Mais, dans ce cas, la fin du verset 2 serait en
contradiction manifeste, non seulement avec les menaces de destruction
complète que faisait Jérémie à la même époque, mais encore avec les
événements qui ont suivi, puisque la population de la ville a été tout
entière tuée ou emmenée en captivité. La contradiction entre la
prophétie et l'événement ressortirait d'une manière plus saillante
encore dans les versets suivants qui décrivent, comme devant suivre
immédiatement la catastrophe, une délivrance miraculeuse du peuple, à laquelle rien absolument n'a correspondu dans les faits qui se sont passés au temps de la destruction de Jérusalem par les Chaldéens. Comment se représenter qu'après cet éclatant démenti donné à la prophétie par l'histoire, les auteurs du Canon eussent pu lui donner place parmi les oracles divins ? Cette contradiction outre la prophétie et les faits ne permet pas non plus de l'appliquer à la destruction de Jérusalem par les Romains.