Voici, je ferai de Jérusalem. Jérusalem est nommée ici comme représentant l'Israël du verset 1.
Un seuil d'ébranlement. On traduit parfois une coupe d'étourdisssement ; mais le mot hébreu ne comporte pas ce sens ; il peut sans doute signifier bassin, mais un bassin est bien différent d'une coupe à boire. Le sens ordinaire est seuil, et ce sens convient ici. Ce mot indique le sol autour de la ville foulé par des multitudes qui cherchent à pénétrer dans l'intérieur de la place.
D'ébranlement. Ce terme décrit la commotion produite par l'arrivée de ces multitudes autour de Jérusalem. Il n'est pas nécessaire de prendre à la lettre le siège dont il est ici parlé. L'idée de la prophétie est qu'Israël, après sa rupture avec le Messie, deviendra un objet d'hostilité pour les nations.
Cela concernera aussi Juda. On a entendu ces mots de deux manières : ou bien, Juda désigne le pays à l'entour de Jérusalem qui sera ainsi atteint par l'invasion païenne ; ou bien, Juda se joindra aussi aux nations païennes qui viendront assiéger Jérusalem. Ni l'un ni l'autre de ces deux sens ne sont admissibles, le premier, parce que l'idée serait absolument oiseuse, car il est clair qu'on n'arrive pas à assiéger la capitale sans envahir et ravager les campagnes d'alentour ; le second, parce que le verset 5 prouve que Juda, tout en étant distinct de Jérusalem, n'entretient aucun sentiment hostile contre cette ville. L'on doit abandonner ici toute représentation topographique et envisager Juda, ainsi que nous l'avons fait 11.14, comme une portion à part dans l'ensemble de la nation juive ; c'est la partie d'Israël qui s'est rangée sous la houlette du berger, chapitre 11, qui se trouve par là séparée de l'Israël incrédule, mais qui, néanmoins, souffre avec lui de l'hostilité des païens et reste pleine de sympathie pour lui ; en d'autres termes, c'est la faible portion du peuple de Dieu qui a cru au Messie, mais qui comprend ceux d'entre les Gentils qui se sont joints à elle. Nous verrons si la suite confirmera cette explication. Ainsi donc, la lutte engagée par les païens contre le peuple juif atteindra aussi la partie du peuple devenue croyante et ceux des Gentils qui auront cru.