J'eus une vision. La parole 4.4 prouve que le prophète reçut ces visions, non pas en songe, mais dans un état de veille, où il fut ravi en extase prophétique. Comparez le ravissement d'esprit de saint Pierre à Joppe (Actes 10.10) et la scène de la transfiguration (Luc 9.32-36).
Un homme monté sur un cheval roux. Sur ce personnage, voir plus loin.
Entre des myrtes... dans un lieu profond. Le mot que nous traduisons par lieu profond est rendu quelquefois par le terme de lieu ombragé ; le sens adopté par nous ressort d'Exode 15.10. Il faut se représenter une vallée profonde, aux pentes ombragées de myrtes. Il est inutile de chercher quelque part cette vallée ; dans la vision, il n'y a de réel que le tableau lui-même, et si l'hébreu dit le lieu profond, c'est uniquement pour désigner la vallée que le prophète a devant les yeux de son esprit en ce moment même. Ce bosquet de myrtes est certainement le symbole du peuple élu, aujourd'hui pauvre et humble, mais pourtant agréable aux yeux de l'Eternel. S'il n'est pas comparable, comme les grandes empires du temps, à un magnifique bois de cèdres que l'on aperçoit de loin sur les hauteurs du Liban, dans son abaissement il jouit cependant d'un avantage que n'ont pas les peuples les plus puissants de la terre : il possède en son sein l'ange de l'Eternel.
Des chevaux roux, bruns et blancs. Le second de ces termes est d'une signification douteuse. Il est appliqué, Esaïe 16.8, à une espèce de cep produisant des raisins rouges, et paraît désigner ici une nuance plus foncée que le roux, en opposition au blanc qui est la nuance la plus claire. En tout cas, le sens de tacheté que l'on donne parfois à ce terme doit être écarté.
On a essayé d'appliquer ces couleurs aux différents côtés, le roux à l'orient et à l'occident, le brun au nord, le blanc au sud ; mais cette application ne repose sur aucune raison suffisante. Il en est autrement au chapitre 6 (voir à ce passage). Les trois couleurs indiquées servent sans doute uniquement à distinguer les trois groupes de cavaliers, et, ceux-ci (d'après l'analogie du passage 6.5-8), figurent la connaissance que prend l'Eternel de la situation des peuples au nord, à l'est et au sud, c'est-à-dire dans tout le cercle des contrées environnant la Terre Sainte (voir verset 10). Il n'y a aucun rapport entre ces cavaliers et ceux d'Apocalypse 6.1-8 ; les couleurs sont différentes et les cavaliers de Zacharie ne se préparent nullement, comme ceux de l'Apocalypse, à intervenir activement dans les destinées du monde.