Paul vient d'affirmer que "le juste droit de la loi" (verset 4) s'accomplit en ceux qui triomphent de la chair par la puissance de l'Esprit de Christ habitant en eux.
Il prouve (car) cette affirmation, en montrant que la prédominance de la chair ou celle de l'Esprit détermine les dispositions habituelles de l'homme, ses aspirations constantes, par là même tout son état moral et ses rapports avec Dieu.
A cet effet, il trace, dans les versets 5-8, un parallèle entre ceux qui (grec) sont selon la chair et ceux qui sont selon l'Esprit.
Pour bien comprendre ce parallèle et tout le développement qui suit, il faut remonter à la description que l'apôtre a faites à Romains 6, de notre affranchissement du péché dans la communion avec Christ mort et ressuscité. Comparer aussi les paroles de Jésus dans son entretien avec Nicodème. (Jean 3)
Les termes par lesquels Paul caractérise l'état moral de l'homme naturel : "marcher selon la chair," (verset 4) "s'affectionner aux choses de la chair," (verset 5) "l'affection à la chair," (versets 6,7) "être dans la chair," (verset 9) "être redevable à la chair," (verset 12) "vivre selon la chair," (verset 13) sont synonymes de ceux qu'emploie Jésus quand il dit de l'homme irrégénéré : "ce qui est né de la chair est chair".
Et les termes opposés du parallèle : "marcher selon l'Esprit, s'affectionner aux choses de l'Esprit," etc., correspondent à la déclaration : "ce qui est né de l'Esprit est esprit".
Il est de la plus haute importance de bien saisir ce point de départ de la vie chrétienne et de la sanctification, qui est le même chez tous les hommes quels que soient leurs antécédents.
"Si le chrétien cherche à améliorer ou à purifier en lui le vieil homme avant d'avoir passé par la nouvelle naissance, il n'entreprend pas seulement une œuvre vaine et irréalisable, mais il court le danger, toujours renaissant, de retomber sous le joug de la loi, comme les Galates ; son entreprise même est déjà la négation de la grâce. Le vieil homme ne peut pas être sanctifié, il faut qu'il soit crucifié, (comparez Romains 6.6) c'est à dire livré à la mort par le renoncement à soi. L'Esprit doit donc soutenir une lutte perpétuelle contre la chair et ses convoitises, et cette lutte n'est que le côté négatif de la vie du régénéré : le côté positif, l'activité qui développe en lui la vie nouvelle, consiste à entretenir une relation constante avec celui qui est l'auteur et la source de cette vie, à recevoir toujours de nouveau l'Esprit d'en haut. Régénéré par la grâce, il vit et croit dans la grâce et par elle."Olshausen.