Paul trouve une confirmation (car) de l'espérance qu'il vient d'exprimer à verset 21, dans le soupir universel de la création ; sa logique est ici, comme au verset 1 et au verset 19 "la logique de la foi".
Ce que l'apôtre appelle le soupir de toute la création, c'est, au fond, l'instinct de tout être vivant, qui repousse la souffrance et la mort, son ardente aspiration à en être délivré, à vivre toujours et pleinement.
Cette aspiration n'est pas vaine, ce désir sera un jour accompli. C'est pourquoi l'apôtre appelle ces souffrances de la nature les douleurs de l'enfantement. Comme la mère en travail d'enfantement souffre pour mettre au monde l'enfant qu'elle porte dans son sein, ainsi la nature lutte sous les étreintes de la mort, afin de produire la création nouvelle et glorieuse qui doit sortir d'elle au jour marqué pour "la révélation des enfants de Dieu".
Si Paul semble prêter à la création un désir conscient d'être délivrée de ses souffrances et même une "volonté," (verset 20) il faut peut-être voir dans son langage plus qu'une personnification poétique de la nature. Toute la création est liée par un rapport intime et mystérieux à l'humanité, qui en est le but et l'âme, c'est en elle que la création trouve sa conscience et l'organe par lequel elle fait entendre sa plainte.
Cette idée parait exprimée dans le texte au moyen de verbes composés : soupirs avec, souffre les douleurs de l'enfantement avec, c'est-à-dire avec l'humanité qui endure consciemment les mêmes souffrances. Ceux qui n'admettent pas cette explication pensent que la préposition avec exprime simplement le concours de tous les êtres à ce commun soupir.