Grec : Car l'attente ardente (littér. l'attente à tête levée) de la création aspire à (ou : saisit de loin) la révélation des fils de Dieu.
Paul prouve (car) par le soupir universel de la création, que nous aurons certainement part à la gloire à venir, en dépit des souffrances que nous avons à endurer dans le temps présent.
Cette preuve comme la conclusion de verset 1 (voir la note), relève de "la logique de la foi" Si le salut est accompli virtuellement par la mort et la résurrection de Jésus-Christ, s'il se réalise spirituellement dans les croyants par leur justification et leur sanctification, il n'est point encore opéré extérieurement dans l'univers.
Par notre corps, nous faisons partie de cette création qui souffre. C'est ce qui explique la contradiction qu'il y a dans notre situation : nous sommes sauvés et destinés à la gloire céleste, mais nous souffrons dans le temps présent et pour autant que nous appartenons à la "création soumise à la vanité." (verset 20)
- L'apôtre ne prouve pas seulement la certitude de la gloire réservée aux enfants de Dieu ; il montre en même temps sa grandeur infinie : la délivrance de la création tout entière y est impliquée. Ce regard jeté en passant (versets 19-22) sur les effets les plus lointains du péché dans la nature sur les souffrances dont il est la source pour tous les êtres et sur les temps bienheureux où tous ces ravages seront réparés, nous ouvre une perspective glorieuse, bien propre à raffermir notre foi ébranlée par la vue de l'immensité de la souffrance dans le monde entier.
- La création, ce sont tous les êtres, la nature entière opposée à l'humanité. Les chrétiens, en tout cas, ne sont pas compris dans ce terme, puisque c'est la révélation des fils de Dieu que la création attend, et que, à verset 23 l'apôtre distingue,nettement leur soupir du soupir de la création.
On peut se demander si l'humanité naturelle est désignée par ce terme de création, ou du moins est impliquée dans ce que l'apôtre appelle de ce nom. On objecte à cette supposition que Paul ne dirait pas de l'humanité qu'elle "a été soumise à la vanité non volontairement mais à cause de celui qui l'y a soumise ;" (comparez Romains 5.12,1.18-25) et surtout il ne lui prêterait pas cette universelle aspiration à la rédemption. (comparez Romains 3.9, suivants)
Si l'on oppose à cette explication, qui voit dans la création la nature entière, que l'apôtre ne saurait prêter un "soupir," un ardent désir, une attente à cette nature composée en partie d'êtres sans intelligence et sans conscience d'eux-mêmes, en partie d'objets inanimés et insensibles. on oublie que ce n'est là qu'un symbole saisissant des souffrances qu'endurent tous les êtres doués de sensibilité, des convulsions qui agitent le monde matériel, de la lente et constante destruction de l'univers.
La révélation des fils de Dieu aura lieu au retour de Christ qui manifestera quels sont ses vrais disciples et les introduira dans la gloire de son règne. (Colossiens 3.4 ; Jean 3.2 ; Matthieu 13.43)