Tout rigide observateur de la loi qu'il fût comme pharisien, (Philippiens 3.5,6 ; Actes 26.4,5) Saul était réellement sans loi, parce qu'il ne connaissait de la loi que la lettre morte et n'en avait pas deviné la sainte et redoutable spiritualité, (verset 7) alors il vivait ou du moins avait le "bruit de vivres ;" rempli d'une orgueilleuse propre justice, satisfait de sa vertu, de sa force naturelle, il ne cherchait rien au delà.
Alors aussi le péché était mort en lui, (verset 8) parce que, aucune puissance n'étant venue le contredire, il n'avait pas encore révélé au jeune pharisien son essence subtile et sa terrible puissance.
Mais un jour le commandement est venu ; (verset 9) Saul de Tarse a saisi la spiritualité de la loi il a compris qu'elle exigeait de l'homme la sainteté absolue, (Lévitique 19.2) la consécration de tout son être à Dieu. (Esaïe 6.1-7)
Le double résultat a été d'une part, que le péché a pris vie, c'est à dire que, poursuivi par la loi dans ses derniers retranchements, il a manifesté sa vie et sa puissance par une activité redoublée, et, d'autre part, que Saul, qui croyait vivre, est mort, (verset 10) c'est-à-dire qu'il a vu le néant de sa vie morale, de sa justice de pharisien dont il était fier ; il est tombé sous la sentence de condamnation et de mort que la loi faisait retentir au fond de sa conscience.
C'est ainsi qu'Augustin, les Réformateurs, Bengel comprennent l'expérience morale décrite dans ces versets 9,10 ; ils pensent que Paul la fit dans les temps qui précédèrent sa conversion.
Les interprètes modernes objectent que Paul ne pourrait dire qu'il était sans loi à l'époque où, pharisien zélé, il était "sous la loi," (1Corinthiens 9.20) sous la garde du pédagogue qui devait l'amener à Christ. (Galates 3.23,24) Ils estiment que Paul, pour autant qu'il expose dans ce passage ses expériences personnelles, décrit les jours de son enfance, où il vivait dans une heureuse ignorance et des préceptes de la loi et de la puissance du péché.
Le moment marqué par les mots : lorsque le commandement est venu serait celui où le jeune Saul, vers l'âge de douze ans, fut instruit dans la loi et apprit à connaître ses exigences. Alors commença la lutte intime retracée dans les paroles qui suivent, ce fut plus tard seulement qu'elle atteignit toute son acuité.
- Le verbe que nous traduisons par : a pris vie (verset 9) peut aussi se rendre par "a repris vie ;" dans le Nouveau Testament il a toujours ce dernier sens ; mais la pensée générale de notre passage recommande la première acception, car on ne saurait admettre que le péché se fût déjà une fois montrées pleine activité chez lecture Saul.
- Quand le péché, sortant de l'état latent a pris vie, moi je suis mort, dit l'apôtre. Il désigne en ces termes la mort spirituelle causée par l'éloignement de Dieu (Genèse 3.8) et par l'asservissement au péché. (Ephésiens 2.1-3)
La venue du commandement a pour effet de faire constater cet état de mort à Paul et cette constatation lui cause une pénible surprise : Et il s'est trouvé que le commandement qui devait me conduire à la vie, m'a conduit à la mort ! (grec et le commandement à vie, celui-là fut trouvé pour moi à mort.)
Le commandement donné par Dieu promettait la vie ; (Lévitique 18.5 ; Deutéronome 5.33) il aboutit à la mort ! (Romains 5.12 ; 6.23)