Ce verset et le suivant expliquent (car) l'affirmation qui précède : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi.
Le verset verset 22 développe la première proposition : à moi qui veux faire le bien, en disant : je prends plaisir à la loi de Dieu selon l'homme intérieur.
L'homme intérieur (comparez Ephésiens 3.16) ne doit pas être confondu avec "le nouvel homme," (Ephésiens 4.24 ; Colossiens 3.10) car bientôt l'apôtre substitue à ce terme celui "d'entendement," (versets 23,25) qui, opposé à "la chair" ou aux "membres," désigne la partie spirituelle de l'homme, son être moral, créé à l'image de Dieu, la conscience morale, la faculté que l'homme possède de distinguer le bien du mal, le vrai du faux.
Cet être moral dans l'homme est indestructible bien que, par le péché, il ait été affaibli et réduit sous la servitude de la chair, il est toujours susceptible d'être renouvelé par l'Esprit de Dieu. Dans l'état de lutte que l'apôtre décrit, il y a déjà une aspiration intime à retrouver l'entière harmonie avec la volonté de Dieu ; l'homme sent que c'est là sa destination, la condition absolue de son repos et de son bonheur. C'est ce que Paul nomme : prendre plaisir à (grec se réjouir avec) la loi de Dieu. Mais aussitôt déplore l'impuissance de ce sentiment. (versets 23,24)
Il ne faut pas entendre par l'homme intérieur l'homme régénéré, comme le font Luther, Calvin et d'autres. Calvin invoque à tort Ephésiens 4.17,18 pour prouver que l'homme naturel est dépourvu "d'entendement ;" il ressort seulement de ce passage que son entendement est faussé, obscurci, rendu vain, et qu'il a besoin d'être renouvelé. (Ephésiens 4.23)
"L'entendement" ou l'homme intérieur, se trouve en tous les hommes c'est en lui qu'opère la grâce ; mais il n'est pas, comme l'homme nouveau, l'œuvre de la grâce.