Pour la troisième fois, (comparez versets 14,18) la même expérience de lutte impuissante est décrite.
La description est présentée cette fois sous forme de conclusion : (grec) je trouve donc la loi à moi voulant faire le bien, qu'auprès de moi le mal gît, il est à ma portée (même verbe qu'au verset 18), il se présente le premier à moi, il m'est naturel, aisé à faire, de sorte que c'est lui que j'accomplis.
La puissance dominante du mal en l'homme est ici appelée une loi, (comparez versets 23,25) par opposition à la loi de Dieu, et l'apôtre explique immédiatement en quoi consiste cette loi : le mal est attaché à moi quand je veux faire le bien. Plus l'homme apporte d'attention et de sérieux à observer son état moral, plus il se convainc que le péché ne se manifeste pas seulement par des actes isolés, par des accidents sans conséquence et qui n'auraient pas de relations entre eux, mais qu'il constitue une puissance toujours agissante, que ses manifestations sont comme les effets d'une loi fatale, à laquelle il ne peut se soustraire et en vertu de laquelle toutes ses intentions louables, toutes ses saintes résolutions demeurent vaines, parce que le mal est là, à ses côtés, et paralyse sa volonté de faire le bien.
L'apôtre emploie le mot loi dans un sens analogue quand il parle de "la loi de la foi," (Romains 3.27,31) "la loi de l'Esprit de vie," (Romains 8.2) "la loi de Christ." (1Corinthiens 9.21)
L'homme a fait un grand progrès vers sa délivrance en Christ, quand, de la connaissance de ses péchés isolés, il s'est élevés à celle du péché, et l'a reconnu comme une loi universelle et tyrannique. Mais cette connaissance seule le conduirait au désespoir, s'il ne pouvait compter sur la grâce de Dieu pour le délivrer de l'empire du péché.
- Le sens que nous avons donné à ce verset est celui qui paraît le plus conforme à la marche de la pensée dans l'ensemble de notre passage. Mais le texte grec est obscur et d'une traduction incertaine.
Plusieurs interprètes, anciens et récents s'arrêtant au fait que le terme la loi a toujours désigné dans ce qui précède la loi mosaïque ou la loi morale, ont essayé de lui conserver ce sens dans notre verset. Ils ont traduit : je trouve donc que la loi est, pour moi qui veux l'accomplir, le bien, parce que le mal est à ma portée.
Parce que le mal est à sa portée, Paul trouve, prend conscience, que la loi, à laquelle il donne son assentiment et qu'il se sent tenu de pratiquer, est le souverain bien, qu'elle est une puissance destinée non à le perdre, mais à le sauver.
Ce serait la conclusion de tout ce développement qui aurait pour but de prouver encore que la loi n'a rien de commun avec le péché, mais qu'elle est "sainte, juste et bonne." (verset 12)
Mais il nous semble que l'apôtre en a fini avec cette démonstration dans versets 7-13, et que l'explication que nous venons d'exposer introduit une idée qu'il est difficile d'accorder avec notre contexte.