Fait qui confirme (en effet) cet esclavage, (verset 14) car il serait inexplicable autrement.
Grec : ce que j'accomplis, je ne sais pas ; car ce que je veux, ce n'est pas cela que je pratique ; mais ce que je hais, c'est cela que je fais.
Il ne faut sans doute pas presser le sens de cette déclaration : je ne sais pas ce que je fais.
Dans la suite, l'apôtre distingue fort bien entre sa volonté, qui est conforme à la loi, et l'accomplissement, qui dépend de la chair et du péché habitant en elle. Il veut dire que, par cette dualité du vouloir et du faire, il est pour lui-même une énigme, car il fait l'exact contraire de ce qu'il veut.
Agissant sous l'impulsion d'un instinct aveugle et sans se rendre clairement compte de ses motifs, il ne reconnaît pas pour sien l'acte qu'il a accompli : il a fait ce qu'il avait en horreur. Le péché l'a éloigné de Dieu, seule lumière, et l'a entraîné dans des ténèbres où il lui est impossible de gouverner sa vie d'une manière intelligente et libre.
Il peut, sans doute, éclairé par la loi révélée, vouloir ce qui est conforme à la volonté de Dieu et à la vraie nature de l'homme, et haïr ce qu'il a reconnu comme opposé à ses suprêmes intérêts ; mais ce vouloir, s'il va même jusqu'à une résolution sérieuse, manque de la force nécessaire pour se traduire en action continue et assurée, en pratique habituelle ; cette haine ne va pas jusqu'à l'abandon complet du péché, parce que la convoitise, combattue, mais non vaincue, est trop puissante en lui.
Or, plus ce vouloir du bien et cette haine du mal deviennent forts, sans que l'impuissance d'accomplir l'un et de fuir l'autre diminue, plus l'homme sent grandir en lui cette lutte déchirante qui lui crée une situation intolérable. Le but de la loi était de provoquer ce conflit ; c'est ainsi qu'elle devient un "pédagogue pour nous conduire à Christ." (Galates 3.24)