La substitution du règne de la grâce à celui de la loi pourrait être mal comprise ; des croyants qui n'ont pas fait encore, dans toute sa profondeur, l'expérience décrite dans versets 2-11, pourraient en tirer des conclusions fausses.
Aussi l'apôtre, au moment où il a proclamé de nouveau (comparez Romains 5.20,21) le règne de la grâce, revient-il à l'objection qu'il a déjà énoncée verset 1.
Mais il y a une double différence à noter dans la manière dont il la formule ici.
Au commencement de Romains 6, quand il venait de parler de la grâce qui nous justifie et qui efface toutes nos fautes, et qu'il allait aborder le sujet de la sanctification, il disait : "demeurerons nous dans le péché," resterons-nous plongés dans une vie de péché, "afin que la grâce abonde," afin qu'elle ait occasion d'effacer un plus grand nombre de fautes ?
Dans notre passage, après avoir montré dans la grâce la garantie de notre sanctification, il écrit : pécherons-nous, commettronsnous encore tels et tels péchés particuliers, laisserons nous le péché régner dans quelque partie de notre vie, parce que nous sommes sous la grâce ?
Il ne s'agit plus, comme dans verset 1, d'une conclusion absurde, qui méconnaissait tout un côté de l'œuvre du salut accomplie en Jésus-Christ : notre affranchissement du péché. Il s'agit d'une tentation subtile à laquelle donnent prise notre paresse spirituelle, notre peur d'un complet renoncement à nous même et d'une entière consécration à Dieu. L'apôtre la repousse avec énergie, en montrant (verset 16) le danger que nous courons quand notre cœur reste partagé entre le service de Dieu et celui du péché.