Il semble, au premier abord, que ce verset et le suivant interrompent le cours de l'exhortation. C'est que l'apôtre, après avoir placé ses lecteurs en face du devoir pressant de se mettre tout entiers au service de Dieu, sent le besoin de leur donner un encouragement pour les soutenir dans la lutte qu'ils vont avoir à livrer aux convoitises de la chair.
La victoire leur est assurée : en effet, le péché ne régnera pas sur vous (ce futur n'est pas un impératif indirect, il exprime un fait dont l'accomplissement est certain), car vous n'êtes pas sous la loi, mais sous la grâce.
Dans Romains 5.20-21, Paul avait déjà employé cet argument pour montrer la certitude de la justification et de la fin de cet empire de la mort, que le péché, avec le concours de la loi, avait établi au sein de l'humanité ; ici, il le répète pour garantir à ses lecteurs leur victoire sur le péché en eux, son règne sur leurs âmes va prendre fin ; leur sanctification, leur entière consécration à Dieu sont devenues possibles, car, leur dit-il, vous n'êtes plus sous la loi, qui ne fait que commander, qui exige une obéissance parfaite, sans donner la force pour l'accomplir, qui excite les convoitises de la chair, en nous interdisant de les satisfaire ; (Romains 7.7 et suivants) qui, par conséquent, nous éloigne toujours plus de Dieu, source unique de toute force, de tout bien.
Mais vous êtes sous la grâce qui, en vous justifiant gratuitement, (Romains 3.24) vous a donné la paix avec Dieu,1a (Romains 5.1) réconciliation avec lui, l'accès auprès de lui ; (Romains 5.2) vous pouvez donc, de jour en jour, puiser dans sa communion toutes les forces nécessaires au développement de la vie nouvelle qu'il a mise en vous.
Avec de tels secours, le péché peut vous assaillir encore, il ne régnera pas sur vous.
"Nous ne sommes plus sous la loi, qui, il est vrai, ordonne le bien, mais ne le donne pas ; nous sommes sous la grâce, qui, nous faisant aimer ce que la loi ordonne, peut commander à des hommes libres."Augustin.