Les interprètes sont divisés sur la manière dont on doit rattacher verset 14 à ce qui précède.
Calvin et beaucoup d'autres pensent que les versests versets 14-16 sont destinés à prouver l'assertion de verset 12 "Ceux qui auront péché sans la loi périront aussi sans la loi."
Paul voudrait justifier cette sentence prononcée sur ceux à qui la volonté de Dieu n'avait pas été spécialement révélée. Il fonde la responsabilité des païens sur les avertissements de leur conscience, comme il l'avait fondée déjà (Romains 1.18-21) sur la connaissance qu'ils pouvaient acquérir de Dieu au moyen de ses œuvres.
La plupart des interprètes modernes relient les versets 14-16 à verset 13, les uns à la première affirmation de ce verset, les autres à la seconde, d'autres enfin à toutes les deux : il ne suffit pas de posséder la loi, il faut la pratiquer, pour être justifié ; c'est ce que prouve l'exemple des païens qui pratiquent naturellement la loi, ils l'ont donc écrite dans le cœur, et ils seraient justes devant Dieu, si la seule possession de la loi donnait la justice, au contraire, ils sont jugés par leur conscience suivant qu'ils ont ou non accompli la loi.
Que signifieraient ces jugements intérieurs, s'il suffisait de connaître ou de posséder la loi pour être sauvé ?
- La conjonction que nous traduisons par lorsque implique en grec une nuance que l'on pourrait exprimer par : "à supposer que cela arrive".
Paul ne dit pas : les gentils, mais des gentils. Enfin, il ne dit pas qu'ils pratiquent "la loi" (comme au verset 27, voir la note), mais (grec) les choses de la loi, ce qui peut s'entendre d'un accomplissement partiel.
Ils les font naturellement (grec par nature), c'est-à-dire spontanément, sans commandement écrit. Ils montrent ainsi qu'ils ont au-dedans d'eux le sentiment du juste et de l'injuste, mais cela ne veut pas dire qu'ils remplissent parfaitement et toujours les ordres de la voix intérieure.
Néanmoins, puisqu'ils lui obéissent, ces hommes qui n'ont point la loi, sont eux mêmes leur propre loi, grec ceux-là, n'ayant pas de loi, sont loi pour eux mêmes.