Et ainsi, cette condition étant remplie, et par l'effet même de la plénitude des nations, qui excite à jalousie le peuple élu, (versets 11,14) tout Israël sera sauvé, le peuple dans son ensemble se convertira à l'Evangile, en reconnaissant dans un élan collectif, Jésus de Nazareth comme le Messie.
Ici encore, rien dans le texte n'indique qu'il faille limiter tout Israël à ceux des Israélites qui sont élus. Les résistances individuelles restent sans doute possibles, car Dieu ne contraint personne au salut ; mais, si l'on ne peut presser les termes de plénitude des gentils et de tout Israël jusqu'à leur faire signifier tous les individus des deux groupes, il faut se garder de restreindre arbitrairement le sens de ces expressions, par préjugé dogmatique, comme le faisaient les réformateurs, ou par antipathie contre les Juifs, ou encore par incrédulité, comme cela n'arrive que trop souvent.
Laissons ces magnifiques promesses de Dieu nous révéler toutes les richesses de sa miséricorde !
- Cette conversion de tout Israël était annoncée, aux yeux de Paul, dans Esaïe 59.20,21, qu'il cite librement. De Sion signifie du sein du peuple juif, dont Jérusalem était le centre. Le texte hébreu porte : "à Sion," ou "pour Sion ;" les Septante : "à cause de Sion".
Le changement, que l'apôtre fait à ce texte, lui était inspiré par d'autres passages de l'Ecriture, comme Psaumes 14.7 ; 110.2.
Les mots : il éloignera de Jacob les impiétés, sont tirés des Septante ; l'hébreu porte : "pour ceux qui se convertiront de l'impiété en Jacob." Voir la suite de ce beau passage, qui annonce l'immutabilité du dessein de Dieu envers son peuple ; il était sans doute tout entier présent à l'esprit de l'apôtre, quoique les premiers mots seuls soient cités.
Puis Paul ajoute cette parole empruntée à Esaïe : (Esaïe 27.9) lorsque j'ôterai leurs péchés. C'est en ôtant les péchés de son peuple, que Dieu affermit son alliance avec lui. (Comp Jérémie 31.33,34)