Esaïe 65.1, cité en partie d'après l'hébreu, en partie d'après les Septante.
L'hébreu porte : "J'ai exaucé ceux qui ne demandaient rien, je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient point."
Esaïe s'enhardit jusqu'à dire (grec s'enhardit et dit)...
Le prophète montre sa hardiesse, non en proférant une parole qui pouvait exciter contre lui la haine de son peuple, mais en énonçant une vérité aussi inouïe.
La plupart des interprètes actuels pensent que la parole citée annonçait la conversion de la portion du peuple israélite qui était devenue infidèle au moment où le prophète écrivait. Paul aurait vu dans ces Israélites déchus un type des gentils et se serait cru ainsi autorisé à appliquer à ces derniers la promesse prophétique.
Toutefois on peut alléguer des raisons sérieuses en faveur de l'opinion que le prophète déjà pensait à la conversion des païens. Il énonce en tout cas dans cette parole la loi fondamentale du règne de Dieu : le salut est accordé comme une grâce et non comme la récompense des efforts et des mérites de l'homme.
Le prophète et l'apôtre opposent l'un et l'autre ce principe à l'orgueilleuse propre justice des Israélites.