L'apôtre pose une seconde question, dans laquelle il écarte encore une circonstance atténuante que l'on pourrait faire valoir en faveur d'Israël : l'ignorance où ce peuple aurait été de la destination universelle du salut et du fait que l'Evangile devait être prêché aux païens et reçu par eux.
Dans l'original on lit : Israël n'a-t-il pas su (ou connu) ?
Les interprètes sont divisés sur le complément sous-entendu de ce verbe.
Plusieurs donnent à celui-ci le sens de "comprendre" et pensent qu'il a pour régime l'Evangile.
Les Juifs l'ont entendu, (verset 18) mais peut être ne l'ont-ils pas compris. La citation par laquelle l'apôtre répond à la question posée n'est pas favorable à cette explication. Elle fait allusion à la vocation des gentils ; et c'est sur ce fait que porte la question : Israël n'a-t-il pas su ?
- Moïse, le premier, parce qu'il précède tous les prophètes et que les écrits qui lui sont attribués se trouvent en tête du recueil canonique.
La citation est tirée de Deutéronome 32.21, où l'on lit dans l'hébreu : "Je provoquerai leur jalousie par ce qui n'est point un peuple ; j'exciterai leur colère par une nation insensée." Le sens de ces paroles, dans l'original, est : l'infidélité des Israélites, qui "ont excité la jalousie de Dieu par ce qui n'est point Dieu, et l'ont irrité par leurs vaines idoles" (première partie de Deutéronome 32.11), sera punie par le choix que l'Eternel fera d'un autre peuple.
L'expression : provoquer la jalousie, suppose l'image des relations conjugales aux rapports de Dieu avec son peuple. Osée (Osée 1 à Osée 3) développe cette image.
Si l'Eternel à son tour provoque la jalousie d'Israël, son épouse infidèle, c'est dans l'espoir que le peuple, se sentant abandonné, éprouvera le besoin impérieux de revenir son divin époux qu'il a trop longtemps offensé. Le chapitre suivant énoncera clairement cette espérance de la conversion d'Israël.