Le sentiment qui, après de si magnifiques promesses, inspire au prophète cette conclusion sérieuse et même menaçante, est sans doute celui de la résistance obstinée que la plus grande partie d'Israël opposera jusqu'à la fin à ses reproches, à ses invitations. Il voit ce malheureux peuple se priver par là, dans une grande partie de ses membres, du salut qu'il vient de lui promettre à la condition de son retour à l'Eternel. Cette conclusion a quelque analogie avec celle d'Esaïe 66.24.
Les voies de l'Eternel sont droites. Ces voies sont ses commandements d'une sainteté parfaite qui conduisent droit à la vie, ses plans admirablement tracés pour le bonheur de son peuple, ses dispensations et ses jugements d'une parfaite sagesse en vue de son éducation morale ; comparez Romains 11.33. Le juste qui s'y conforme marchera ainsi sûrement jusqu'au terme glorieux qui vient d'être décrit ; le rebelle, au contraire, se heurtera à toutes ces manifestations divines et tombera de manière à rester gisant sur la voie. C'est ainsi que saint Paul dit de l'Evangile qu'il est à la fois un parfum vivifiant pour les sauvés et un parfum mortel pour ceux qui périssent 1Corinthiens 2.15-16 ; comparez Esaïe 8.14-15.
Conclusion
Nous avons déjà fait remarquer dans l'introduction que le livre d'Osée ne s'occupe pas de la personne du Messie. Le prophète semble absorbé par la vue de l'état misérable dans lequel le peuple est plongé et des malheurs qui l'attendent. L'unique pensée qui lui reste à côté de celle-là, est celle de la transformation qu'un miracle de grâce opérera chez lui, quand un mouvement sérieux de repentance l'aura amené enfin aux pieds de son Dieu. Cet avenir saint et glorieux des derniers jours est le côté messianique de ce livre. Peut-être la séparation des dix tribus d'avec la famille royale de Juda a-t-elle contribué au silence du prophète sur la personne glorieuse du futur fils de David. Il y a cependant un passage dans lequel cette intuition semble tout près d'éclore ; c'est 3.5.
Mais quel peut être l'accomplissement des promesses faites, en particulier dans le chapitre 14, aux Israélites des dix tribus ? Ce peuple emmené, en captivité ne s'est-il pas fondu dès longtemps avec les nations asiatiques parmi lesquelles il a été transporté par le conquérant assyrien ? Il est vrai, mais le chapitre 14 semble placé là pour nous donner la clef de ce problème. Les promesses de Dieu sont conditionnelles, non en elles-mêmes (Romains 11.29), elles se réaliseront toujours, mais quant aux individus en qui elles s'accomplissent. Osée fait pressentir (14.9) qu'une partie du peuple se rendra décidément indigne des grâces promises. Ce sont ceux d'entre les Israélites qui, païens déjà sur la terre d'Israël, le deviendront tout à fait, une fois transportés au milieu des Gentils. Mais il fait comprendre aussi que certains membres de ce peuple s'attacheront fidèlement à Dieu et participeront finalement à son règne. Ce furent premièrement les membres du peuple des dix tribus qui continuèrent à peupler la Galilée depuis la ruine et qui, au temps du Messie, formèrent le noyau de l'Eglise. Puis ce furent aussi ceux qui, après avoir subi la captivité, prirent part sous Zorobabel à la restauration du peuple et du culte de Jéhova. Ces membres du peuple des dix tribus se retrouvèrent ainsi sur la ligne des bénédictions divines et eurent part à la venue du règne messianique. Ainsi commença à s'accomplir la réunion d'Ephraïm et de Juda en un seul peuple, prédite par Osée, plus tard par Jérémie et par Ezéchiel, et consommée dans l'Eglise du Christ, le fils de David.