Fais-toi un serpent brûlant. On a voulu retrouver ici l'idée de plusieurs peuples de l'antiquité, Egyptiens, Phéniciens, Grecs, d'après laquelle on faisait du serpent le symbole de la santé ou de la guérison ; mais cette idée est complètement étrangère à notre texte et à l'intuition de l'Ecriture en général ; comparez Genèse 3.1-5. Ce serpent élevé sur la perche était l'image du fléau actuel, mais de ce fléau comme vaincu ; il figurait l'ennemi réduit à l'impuissance. Et il était élevé bien haut afin que tous les Israélites pussent voir comme à l'il le triomphe de Dieu sur le mal qui les dévorait. Le peuple avait demandé l'éloignement des serpents (verset 7) ; mais la délivrance accordée par l'Eternel n'est pas celle que le peuple pensait. Elle exige une participation de l'homme lui-même à la guérison ; l'Israélite doit témoigner de sa confiance en Dieu en dirigeant un regard suppliant et confiant vers ce signe de pardon et de délivrance. Par ce trait comme par tout l'ensemble du fait, ce miracle devient l'emblème le plus parfait que nous fournisse l'histoire israélite de l'uvre de la rédemption future (Jean 3.14).
Nous savons par 2Rois 18.4, que ce serpent d'airain fut conservé par les Israélites, que, sous le nom de Néhusthan, il devint dans la suite l'objet d'un culte superstitieux et qu'Ezéchias le fit mettre en pièces pour ce motif.