Les eaux de Mériba. Un nom semblable (Massa et Mériba, tentation et querelle) avait été donné à la localité voisine du Sinaï où une délivrance analogue avait été accordée (Exode 17.7), et l'on a pris de là occasion d'envisager les deux récits comme étant ceux d'un seul et même fait dont la tradition aurait gardé le souvenir sous deux formes un peu différentes. Mais cette identification n'est pas possible, d'abord à cause du rôle absolument différent que joue Moïse dans les deux scènes, puis à cause de la participation d'Aaron dans la seconde, trait qui s'explique sans, doute par la haute position à laquelle Aaron avait été élevé dans l'intervalle. Nombres 27.14 distingue expressément le second Mériba du premier en ajoutant : Mériba de Kadès, Voir aussi Deutéronome 32.51.
Et il se sanctifia en eux. Le terme de sanctifier signifie : reconnaître la perfection du caractère divin. C'est ce qu'auraient dû faire Aaron et Moïse par l'ordre donné au rocher au nom de l'Eternel (verset 12 : pour me sanctifier aux yeux des fils d'Israël) ; et c'est ce qu'aurait dû faire le peuple par sa confiance en l'Eternel. Cet hommage, qui lui a été refusé, Dieu se le rend à lui-même : il se sanctifie par le châtiment en la personne de ceux qui ne l'ont point sanctifié par leur obéissance.
Ce récit porte en lui-même la garantie de son authenticité ; nous y voyons les deux chefs de la théocratie, le législateur et le premier souverain sacrificateur, placés par leur faute parmi les coupables auxquels leurs péchés attirent l'exclusion de la Terre promise. La légende ne saurait avoir inventé un pareil fait. Si d'ailleurs elle avait jamais voulu le faire, elle eût imaginé une faute plus saisissable qu'une parole peu claire et en apparence assez innocente.