D'un péché. Une fois la dîme payée, le Lévite est libre devant Dieu d'user de tout le reste avec sa famille en quelque lieu qu'il habite.
Nous possédons dans ce chapitre l'ordonnance fondamentale relative à l'entretien du sacerdoce israélite. Chez d'autres peuples de l'antiquité, les prêtres jouissaient de propriétés considérables. Chez les Egyptiens, en particulier, ils possédaient la plus grande et la meilleure partie du sol. C'était, disaient-ils, une donation que leur avait faite la déesse Isis pendant son séjour sur la terre. Elle équivalait au tiers du pays. Ces terres étaient exemptes de toute espèce d'impôts. Quelle différence avec l'organisation israélite d'après laquelle les sacrificateurs et les Lévites ne purent jamais posséder autre chose que les demeures qui plus tard leur furent assignées dans un certain nombre de villes et les pâturages nécessaires pour leurs troupeaux dans la banlieue de ces villes !
Si chaque tribu, en arrivant en Canaan, reçut une portion de territoire suffisante pour assurer son entretien et son bien-être, cet avantage fut refusé à la tribu sacerdotale, à laquelle la constitution n'assurait d'autres moyens d'existence que ceux qui provenaient de la piété et de la fidélité du peuple, à savoir les sacrifices, les oblations et les prémices, quant aux sacrificateurs, et les dîmes, quant aux Lévites.
Cette position de dépendance n'avait, rien d'humiliant au point de vue spirituel ; car, comme le dit l'Eternel, ce n'était pas le peuple, c'était lui-même qui dotait ainsi ses serviteurs, puisque c'était à lui comme au vrai souverain d'Israël qu'étaient dues et ces offrandes et ces dîmes. Mais il est certain pourtant que cette position avait quelque chose de bien précaire, et qu'elle suffit à prouver combien l'ambition et la cupidité furent étrangères chez ce peuple à l'origine de l'institution sacerdotale et quel en fut le véritable auteur. Dieu seul peut avoir assigné à ses serviteurs un moyen d'entretien qui reposait uniquement sur la fidélité à sa personne et à son culte.
Nous avons vu que l'ordonnance que nous venons d'étudier était renfermée dans le document élohiste, appelé communément code sacerdotal. Cette circonstance est à remarquer. On doit reconnaître que, si ce document est l'uvre des sacrificateurs, il est resté pur de toute préoccupation égoïste et a été rédigé uniquement sous l'inspiration et au service du Maître de la théocratie.