8 à 14 Des gloires de l'avenir qu'il vient de décrire, le regard du prophète revient au présent, pour s'arrêter avec le calme de la foi sur l'époque de souffrances et d'angoisses qui sépare encore le présent de ce brillant avenir.
Ce verset 8 doit être rattaché à ce qui suit, plutôt qu'à la strophe précédente ; c'est ce que prouvent, d'une part, les images qu'il renferme et qui ouvrent un nouvel ordre d'idées développé ensuite, et, de l'autre, le discours directement adressé à Sion dès le verset 8 jusqu'au verset 14. Dans ce premier verset de la seconde strophe, Michée renouvelle la promesse, pour établir un contraste d'autant plus saisissant avec les angoisses dont son accomplissement sera précédé. Mais il ajoute à cette promesse un trait nouveau : le rétablissement à Jérusalem, au sein d'Israël redevenu une puissante nation (verset 7), de la royauté davidique, anéantie par la destruction de la ville sainte (3.12) ; c'est par cette restauration que se réalisera le règne de Jéhova sur la montagne de Sion qu'annonçait le verset précédent.
Tour du troupeau. Cette tour doit être cherchée à Jérusalem, car elle est évidemment située dans la localité nommée la colline de la fille de Sion. Or, la fille de Sion étant la ville de Jérusalem ou sa population personnifiée, cette colline ne peut être que la montagne de Sion (verset 1 à 7). Il s'agit donc d'une tour située sur Sion, probablement de la tour principale de la citadelle royale, voisine du, palais et appelée tour de David, parce que, sans doute, elle avait été construite ou reconstruite par ce roi, qui l'avait ornée des boucliers de ses héros (Cantique 4.4 ; Néhémie 3.25). C'est vraisemblablement la même qui est appelée dans Esaïe simplement la Tour (Esaïe 32.14) ; ce passage la place dans le voisinage d'Ophel, localité qui formait l'extrémité méridionale de la colline de Sion ou du temple. Cette tour, qui dominait tout le pays environnant, est le symbole de la domination que la famille de David exerce d'ici sur le peuple entier. C'est là aussi que la royauté de la fille de Sion se relèvera dans son ancien éclat ; sa citadelle deviendra la résidence du nouveau David. Ce nom de tour du troupeau ne se retrouve que Genèse 35.24, dans l'histoire de Jacob ; le patriarche dresse sa tente près d'une tour de ce nom immédiatement après la mort de Rachel. Cette tour était donc voisine de Bethléem et occupait peut-être le même emplacement que celle dont, parle Michée ; car la route que suivait Jacob (Genèse 35.16,27) devait passer dans le voisinage de Jérusalem. Il y a ici une allusion évidente au récit de la Genèse. Nous trouvons de nouvelles allusions à cette même histoire aux versets 9 et 10 et au chapitre 5 (le nom d'Ephrata, deux fois répété dans le chapitre 35 de la Genèse). Le nom de tour du troupeau renferme de plus une nuance que suggérait naturellement l'histoire de David, élevé par l'Eternel de la position de berger de brebis à celle de conducteur de son peuple (2Samuel 7.8). Il fait penser à ces tours où les bergers se tiennent en Orient pour veiller sur leur troupeau (2Chroniques 26.10). Israël, le troupeau dispersé de Jéhova (7.11), sera réuni sous la houlette de son Roi-Messie (voyez 5.3 le Messie comme berger) et à l'abri de sa citadelle royale.
Jusqu'à toi signifie : aucun obstacle ne l'empêchera de revenir à toi.
La domination première : la glorieuse royauté des temps de David et de Salomon, qui est le type accompli de la félicité des temps messianiques et qui lui a été enlevée par l'exil.