Cette défense que Jésus faisait souvent aux malades de divulguer leur guérison Matthieu 9.30 ; 12.16 ; Marc 3.12 ; 5.43 ; 7.36 ; 8.26,30 ; comparez Matthieu 16.20,17.9, pouvait avoir diverses raisons.
Il ne voulait pas attirer inutilement sur lui l'attention des hommes, ni fournir un aliment à la vaine curiosité, à la soif de miracles, ni provoquer avant le temps la haine de ses adversaires. voir (Marc 1.45)
Il voulait aussi que ces malheureux qu'il délivrait puissent garder au-dedans d'eux l'impression profonde d'une telle manifestation de puissance et d'amour divins, afin que la guérison du corps ait pour fruit la guérison de l'âme.
Dans le cas présent, il avait une autre raison évidente : le sacrificateur, auquel il envoie le lépreux guéri, avait seul le droit de constater officiellement la guérison et de réintégrer le lépreux dans les privilèges sociaux et religieux d'un Israélite. (Lévitique 14.2 et suivants) Or, Jésus voulait éviter que ce juge fût défavorablement prévenu par le bruit public du miracle qu'il venait d'accomplir et put y trouver un prétexte pour l'accuser de mépriser la loi.
Le lépreux doit donc, au lieu de parler, se montrer lui-même au sacrificateur et présenter l'offrande prescrite par la loi. (Lévitique 14.10)
Cela devait leur être un témoignage, aux sacrificateurs, non seulement du respect de Jésus pour la loi, mais en même temps de sa puissance divine. Cette explication est plus naturelle que celle qui rapporte le mot leur au peuple en général, qui aurait eu dans l'offrande du lépreux le témoignage de sa guérison.