L'erreur n'est pas toujours facile à discerner d'avec la vérité. Jésus donne donc, dans ces versets, (versets 16-20) une marque à laquelle on peut reconnaître les faux prophètes : leurs fruits. Il ne faut pas entendre par là, avec Calvin et d'autres, uniquement la doctrine, puisque c'est là précisément ce qu'il s'agit de reconnaître.
Les fruits ce sont, d'une part, les conséquences pratiques des doctrines annoncées, conséquences qui ne tardent pas à se manifester dans les églises ; et d'autre part la vie, l'esprit de ceux qui les annoncent. Non que les faux docteurs soient nécessairement des hommes impies ou immoraux, et les vrais docteurs des saints, mais le discernement spirituel ne se trompe guère sur les caractères essentiels de la vie chrétienne.
Les épines ne produisent pas des raisins, ni les chardons des figues. C'est ainsi que tout arbre, bon ou mauvais, se reconnaît à ses fruits. Et ce principe s'applique aussi bien à ceux qui professent la vérité qu'aux défenseurs de l'erreur.
"La bonté de l'arbre même, c'est la vérité et la lumière interne, la bonté desfruits,c'est la sainteté de la vie. Si les fruits étaient la doctrine, aucunorthodoxene pourrait être damné."**Bengel.
Lévitique 5.19, qui prononce la sentence des faux docteurs, n'appartient pas à l'ensemble de la pensée. C'est une parole de Jean-Baptiste, (Matthieu 3.10) que Jésus pouvait avoir adoptée et que Matthieu reproduit ici.
- Quand Jésus prend pour exemple les épines et les chardons,"cet exemple est tout naturel et se présente de lui-même en Palestine. Partout où il n'y a pas de culture, l'épine et le chardon abondent."F. Bovet, Voyage en Terre-Sainte, 7e édit., p. 272