La chaire de Moïse désigne l'activité et l'autorité que Moïse avait exercées comme législateur et conducteur du peuple. (Exode 18.13) Ils se sont assis dans cette chaire comme successeurs du grand serviteur de Dieu. Les rabbins emploient la même expression pour dire qu'un maître a succédé à un autre dans son enseignement. Ces termes n'impliquent donc pas l'idée d'une usurpation.
Sur les pharisiens, voir Matthieu 3.7, note.
Comme les hommes de ce parti avaient manifesté jusqu'ici une hostilité croissante envers le Sauveur, comme ils avaient résisté à ses avertissements et arrêté le projet de se saisir de lui, (Matthieu 21.45,46) il renonce à tout ménagement à leur égard et rompt ouvertement avec eux.
Les scribes, en tout semblables aux pharisiens, avaient pris la même position. Leur nom signifie proprement écrivains, et désigne, par extension, des hommes lettrés, des savants en général. (1Corinthiens 1.20) Ce sont là les sopherim de l'Ancien Testament, c'est-à-dire les hommes des livres.
Dans les évangiles, ils sont appelés scribes, ou légistes, ou docteurs de la loi, parce que le principal objet de leurs études était la loi de Moïse en elle-même et dans ses applications diverses à la vie du peuple. Et comme cette loi était à la fois loi religieuse et loi civile, les scribes étaient en même temps théologiens et jurisconsultes. Ils sont souvent nommés avec les pharisiens, parce que la plupart d'entre eux appartenaient à cette secte, (Matthieu 5.20,12.38) ou avec les principaux sacrificateurs, dont ils étaient les conseillers dans les applications de la loi et dans les cas de conscience Matthieu 2.4 ; 20.18 ; 21.15, ou enfin avec les anciens leurs collègues au sanhédrin ou conseil supérieur de la nation. (Matthieu 16.21 ; 26.3 ; 27.41)
Les scribes prennent toujours une part très active dans l'opposition contre Jésus. Ils l'épient, (Luc 6.7 ; 11.53,54) ils blâment sa conduite, (Matthieu 9.3 ; Luc 5.30) ils cherchent à le surprendre par des questions insidieuses. (Matthieu 22.35) On comprend donc qu'ils aient aussi leur large part dans les justes et sévères censures qui remplissent ces discours.