Le manuscrit B et quelques versions intervertissent l'ordre de ces deux fils, en sorte que celui qui se repent et obéit serait le second. La réponse (verset 31) est alors : Le dernier.
Quelques critiques et exégètes préfèrent cette leçon.
- Matthieu seul a conservé cette courte mais frappante parabole par laquelle Jésus, après avoir contraint ses adversaires à avouer qu'ils étaient incompétents pour le juger, (verset 27) les oblige à se juger eux-mêmes et à prononcer leur propre condamnation.
- Il y a dans ces termes choisis : deux enfants, mon enfant, l'expression de la tendresse du père comme aussi du droit qu'il a d'être obéi. C'est par amour qu'il les invite à aller travailler à sa vigne, qui est le royaume de Dieu. (verset 33 et suivants ; Matthieu 20.1 et suivants)
Le premier, d'abord insensible à cet amour, refuse nettement, franchement. Mais, bientôt, pénétré d'une sincère repentance, il y va et ne travaille qu'avec plus d'ardeur.
L'autre, au contraire, répond sans hésiter : Oui, seigneur (grec, moi, seigneur) ; moi, bien différent de mon frère, j'y vais ; mais malgré cette prompte obéissance des lèvres, malgré ce mot respectueux de seigneur il n'y alla point.
Quelle psychologie profonde dans ce contraste ! Une première résistance à la volonté de Dieu laisse beaucoup plus d'espoir pour le salut d'une âme que cette lâche indifférence, toujours prête à dire oui, mais qui n'a aucune énergie pour obéir. (Apocalypse 3.16) Jésus, par la question qui termine son récit, tire de la bouche même de ses interlocuteurs la confession de cette vérité.