Marc et Luc, en racontant cette guérison, ne parlent que d'un seul aveugle et encore avec cette différence que Marc place cette scène à la sortie de Jéricho, tandis que Luc la met aux approches de cette ville.
On a fait bien des tentatives diverses pour concilier cette double divergence. L'un de ces aveugles étant très connu (Marc le nomme par son nom : Bartimée l'aveugle), on a supposé que Marc et Luc ne mentionnaient que lui par cette raison.
On a supposé encore que Jésus guérit un aveugle à l'entrée et un autre à la sortie de la ville, et que Matthieu résume les deux faits en un. Mais est-il admissible qu'après un premier miracle de cette nature la foule eût voulu empêcher encore un second aveugle d'implorer le secours de Jésus ? Est-il probable aussi que, dans les deux cas, le dialogue entre l'aveugle et le Sauveur se trouvât être identiquement le même ? Non, il vaut mieux reconnaître une différence réelle entre nos divers récits, et ne pas vouloir les concilier par des explications forcées, peu dignes de l'Evangile. (Comparer Matthieu 8.29, note.)
Aucune critique de détail ne peut diminuer la touchante beauté du récit qui va suivre, et que les trois synoptiques nous ont conservé dans tout ce qu'il a d'essentiel.
Cette appellation fils de David prouve que ces pauvres aveugles connaissaient Jésus et croyaient en lui comme au Messie promis à Israël. (Matthieu 12.23,15.22, notes.) Aussi se bornent-ils dès l'abord à implorer sa compassion, sans oser demander rien de plus.